Il faudra encore attendre quelques jours avant de savoir si nous avons effectivement atteint le pic ou le plateau de contamination tant attendu, mais une chose est certaine : la tendance positive observée depuis le début de la semaine se confirme. 

En 24 h, 459 personnes ont été admises à l’hôpital contre 487 la veille, et 483 malades ont pu quitter l’hôpital sur le même laps de temps. Ce qui porte le nombre de personnes hospitalisées en Belgique à 5 590, en logique diminution par rapport aux 5 688 personnes prises en charge par le milieu hospitalier mercredi. Ces chiffres sont encourageants, mais ils restent élevés. D’autant que 283 personnes sont décédées hier, alors que 1 285 malades étaient encore en soins intensifs, dont 992 avec le soutien d’une assistance respiratoire.

Testing en cours

Bien qu’une capacité de 10 000 tests quotidiens ait été annoncée pour cette semaine par Philippe De Backer, en charge du matériel pour lutter contre le coronavirus, "seuls" 4 300 tests ont été réalisés en laboratoire ces dernières 24 h. Ce qui a permis de détecter 1 580 cas positifs (1 049 en Flandre, 370 en Wallonie et 149 à Bruxelles). "La capacité est bien là, a commenté le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, Emmanuel André. Le matériel aussi, il n’y a pas de problème d’échantillonnage ou de réactifs, mais tout cela fait partie d’un processus de démarrage qui prend du temps. Nous travaillons pour aller vers les 10 000 tests dans et en dehors des hôpitaux." Une attention toute particulière est évidemment portée aux maisons de repos et de soins, où la situation est toujours extrêmement compliquée et où le nombre de tests réalisés "va augmenter très largement dans les prochains jours". Les nouvelles sont malheureusement moins bonnes concernant les masques de protection qui devaient être fournis à la Belgique, puisqu’on a appris jeudi que trois millions de masques FFP2 livrés le 2 avril n’avaient pas la qualité requise pour protéger efficacement leurs porteurs. "Un coup dur" de l’aveu même de Philippe De Backer.

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Beaucoup trop tôt pour lâcher prise

Plus globalement, le message des experts scientifiques fédéraux se veut relativement positif, mais tous insistent sur un point : surtout, pas d’emballement. "Le fait de voir des signaux positifs donne évidemment un certain espoir, insiste Emmanuel André. Mais aller trop vite dans le déconfinement serait évidemment une erreur. Cela reviendrait à remettre des personnes infectées dans la communauté, sans qu’on puisse contrôler ce qu’il se passe. Il est extrêmement important de ne pas relâcher la pression trop vite." En d’autres termes : restez encore chez vous ! "Si nous voulons profiter de l’été, dans quelques mois, c’est maintenant que nous devons tenir bon", a d’ailleurs insisté le porte-parole du centre de crise, Benoît Ramacker, qui a annoncé le lancement d’une campagne des autorités pour encourager la population à poursuivre ses efforts et tenir bon.

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