La vitesse à laquelle le nombre de cas confirmés de Covid-19 a doublé - moins de 20 jours - montre l'accélération de la propagation du nouveau coronavirus en Afrique, a averti jeudi l'Organisation mondiale de Santé (OMS).

Selon un décompte de l'AFP sur la base de sources officielles, la barre des 200.000 contaminations par le nouveau coronavirs en Afrique a été franchie mardi.

"Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100.000 cas et 18 seulement pour franchir celle des 200.000", a souligné le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, lors d'un point de presse par vidéo au siège de l'OMS à Genève.

"Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3% du total mondial, il est clair que la pandémie s'accélère" sur le continent, a-t-elle précisé.

Le nouveau coronavirus a infecté près de 7,4 millions de personnes dans le monde et en a tué au moins 416.000 depuis l'apparition de l'épidémie en Chine en décembre, selon le décompte de l'AFP.

Selon ce même décompte, l'Afrique comptait à 11H00 GMT jeudi 210.519 cas dont 5.635 décès.

En Afrique, "la pandémie reste concentrée dans et autour des capitales, mais nous voyons de plus en plus de cas en province", a poursuivi le Dr Moeti qui estime que le virus est entré dans la plupart des pays du continent par les capitales, via les vols internationaux.

"Dix des 54 pays d'Afrique" recensent 80% des cas, et l'Afrique du Sud à elle seule 25% d'entre eux, a-t-elle également souligné.

Plus de 70% des décès sont enregistrés dans seulement cinq pays: Afrique du Sud, Algérie, Nigeria, Egypte et Soudan.

S'il est possible que certains cas asymptomatiques ou légers passent sous les radars, l'OMS Afrique ne pense pas qu'un nombre important de cas graves ou de décès ne soient pas comptabilisés en Afrique, selon le Dr Moeti.

La relative jeunesse de la population africaine comparée à celles d'autres continents, et l'expérience acquise dans la gestion d'autres épidémies ont été citées parmi les raisons expliquant le taux de décès en Afrique, inférieur à celui d'autres continents.

Les mesures précoces dans certains pays d'Afrique ont permis de conserver des bilans bas, mais une vigilance constante reste de mise, selon le Dr Moeti.

"Avant que nous ayons accès à un vaccin efficace, je crains que nous devions vivre avec une hausse constante dans la région, avec des foyers à gérer dans de nombreux pays, comme c'est le cas actuellement en Afrique du Sud, en Algérie, et au Cameroun, qui nécessitent de très fortes mesures de santé publique", a-t-elle poursuivi.

"Nous espérons sincèrement ne pas voir de systèmes de santé débordés", a-t-elle conclu.

© AFP

Le Brésil a franchi le seuil des 40.000 morts

Le Brésil a dépassé jeudi le seuil des 40.000 morts du nouveau coronavirus et les 800.000 cas confirmés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Ce pays de 212 millions d'habitants a enregistré 40.919 décès, dont 1.239 lors des dernières 24 heures, et 802.828 contaminations, le deuxième chiffre le plus élevé au monde après les Etats-Unis.


27 décès en 24H en France, la baisse se poursuit en réanimation

La France a enregistré 27 décès supplémentaires liés au Covid-19 dans les hôpitaux, portant à 29.346 le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, selon un bilan communiqué jeudi par la Direction générale de la Santé (DGS).

Dans le même temps, le nombre de cas graves du Covid-19 nécessitant une hospitalisation en réanimation continue de baisser: 26 nouveaux malades ont été hospitalisés en réanimation, pour un total de 903 (30 de moins que mercredi).

La DGS confirme ainsi la courbe descendante pour les cas les plus sévères depuis le pic atteint début avril (avec plus de 7.000 malades alors en réanimation en raison du coronavirus).

Au total, 11.465 personnes sont hospitalisées pour une infection COVID-19, avec 143 nouvelles admissions enregistrées en 24 heures mais un solde quotidien négatif (-213).

Les données des décès en établissements sociaux et médico-sociaux (10.384 à ce jour) seront actualisées le 16 juin par Santé publique France.

"Le virus continue à circuler", souligne la DGS, en faisant état de plus de 200 regroupements de cas (ou "clusters") repérés depuis le 9 mai, mais tous sous contrôle. Mais "aucun cluster ne témoigne à ce jour d'une transmission communautaire non contrôlée".

Depuis le début de l'épidémie, 103.067 personnes ont été hospitalisées, dont 18.167 en réanimation. 72.149 personnes sont rentrées à domicile.