Dès le début de l'épidémie, de nombreuses personnes se sont questionnées sur la potentielle dangerosité de la livraison de colis provenant d'une zone durement touchée par le coronavirus, comme la Chine. Alors, peut-on réellement être contaminé par le virus par l'intermédiaire d'un colis ?

Depuis décembre dernier, beaucoup de questions se bousculent dans la tête des citoyens au sujet du nouveau coronavirus. Cependant, contrairement à ce que bon nombre d'internautes pensent, il n'est pas possible d'être contaminé par le virus en commandant un produit en ligne et en se faisant livrer à la maison depuis une zone fortement touchée par le virus (comme la Chine ou l'Italie).

"Le carton utilisé pour les colis est un environnement qui est assez néfaste pour le coronavirus, car il va rapidement y avoir une déshydratation", explique le virologue Jean Ruelle. "Tout ce qui est humide va s’imprégner dans le papier ou le carton, ce qui fait que le virus va tout à fait perdre sa structure. Même si l'on retrouvait des traces du matériel génétique du virus sur le carton, il ne serait plus infectieux. De plus, un colis qui transite par exemple de Chine jusqu’ici met du temps à arriver et il n’est donc pas possible d’être contaminé lors de la réception", continue le virologue et chercheur à l'Université de Louvain-La-Neuve.

Dans l'étude publiée par le New England Journal of Medicine (NEJM), les scientifiques des Centres de contrôles et de prévention des maladies (CDC), de l'Université de Californie à Los Angeles et de Princeton ont d'ailleurs confirmé que même si le virus pouvait bel et bien survivre jusqu'à deux ou trois jours sur des surfaces composées de plastique ou d'acier, sa durée de vie sur le carton était beaucoup plus faible, allant jusqu'à 24 heures maximum.

"Pour dépister un être humain, on va rechercher le matériel génétique du virus dans l’organisme et, si c’est positif, cela signifie que la personne est infectée. Pour les surfaces, c’est plus compliqué. Si le dépistage est positif, cela veut dire que le virus a été présent, mais pas systématiquement qu’il est infectieux. Pour vérifier son infectiosité, il faudrait prélever un échantillon, le remettre en culture in-vitro et le tester", conclut le virologue. 

Les risques de contaminations via la réception d'un colis sont donc quasiment nuls. Le géant américain Amazon, spécialisé dans la livraison, a d'ailleurs annoncé qu'il allait recruter 100.000 employés pour ses entrepôts et ses livraisons aux États-Unis, pour faire face à l'augmentation croissante de la demande due à l'épidémie de coronavirus.