Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, de nombreuses personnes tentent de démêler le vrai du faux en concernant les réglementations d'hygiène à suivre pour lutter contre le virus. Une des principales préoccupations de la population réside dans l'utilité du masque, dans sa version la plus simple. Mais finalement, à qui est-il destiné et quelle est sa réelle efficacité ?

Ces derniers temps, il n'est pas rare de voir les personnes masquées lorsqu'elles doivent sortir de la maison. Mais est-il réellement nécessaire, pour une personne non-contaminée par le coronavirus, de porter un masque ? "Non, le masque est nécessaire chez les personnes qui sont malades, qui ont des symptômes, de manière à protéger les autres personnes de son entourage", explique clairement Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur à l'École de Santé publique de l'Université libre de Bruxelles.

"Les personnes qui ne sont pas contaminées par le coronavirus ne doivent pas mettre de masque ni à la maison, ni à l’extérieur quand elles vont prendre l’air. Cela n’a pas de sens. De plus, ce masque (ndlr: dans sa version basique) ne protège pas de la transmission directe du virus", précise l'épidémiologiste.

À l'inverse, il est très important que les personnes infectées par le virus portent un masque, de manière à limiter la propagation de celui-ci dans l'entourage. "La contamination est bien souvent intra-familiale. Pour diminuer ce type de contamination, outre les gestes barrières mis en place, il faut absolument que la personne symptomatique mette un masque pour protéger les autres", détaille Yves Coppieters.

Le masque: une protection qui conduit à de mauvaises pratiques

L'utilité du masque de protection pour les personnes saines est donc peu recommandée et peut également amener les personnes qui en portent sans que cela soit nécessaire à de mauvaises pratiques au niveau des règles d'hygiène. "Les personnes qui portent des masques ont parfois des mauvaises pratiques. C’est-à-dire qu’elles vont tout le temps réajuster leur masque avec leurs mains. Durant toute la journée, ces personnes vont bouger le masque avec leurs mains, alors que celles-ci sont potentiellement contaminées. Cela va donc augmenter le risque d’infection", confirme le chercheur de l'ULB.

Coronavirus: une survie de 3 heures dans l'air ? Oui, mais sous certaines conditions

De nombreuses études ont démontré que le nouveau coronavirus qui sévit depuis décembre dernier à travers le monde, avait la capacité de survivre dans l'air pendant une période pouvant aller jusque 3 heures. Il convient cependant de contraster ces données. "Les études ont démontré que le coronavirus pouvait survivre pendant 3 heures dans des conditions de nébulisation. Ce sont des conditions qui permettent à des gouttelettes d’être en suspension. Mais dans la vie de tous les jours on n’est pas dans ces conditions particulières. Le virus ne va pas commencer à voler pendant 3 heures dans l’air", indique Yves Coppieters.
"Très concrètement, une personne contaminée qui sort et qui tousse sans masque, verra ses gouttelettes expectorées tomber par terre. Elles ne vont pas voler", conclut l'épidémiologiste.