L’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé, mercredi, une autorisation de mise sur le marché conditionnelle pour le vaccin anti-Covid-19 de la firme américaine Moderna. "Ce vaccin nous fournit un autre outil pour surmonter l’urgence actuelle", a déclaré Emer Cooke, directrice générale de l’EMA. L’annonce tombe en effet à point nommé, en pleine polémique autour de la lenteur de la campagne de vaccination européenne, lancée fin décembre dans les Vingt-sept avec le vaccin développé par BioNTech et Pfizer.

À l’issue d’un très large essai clinique (28 000 individus), le vaccin développé par Moderna - qui s’administre en deux doses, à 28 jours d’intervalle - s’est avéré efficace à 94,1 % pour protéger du coronavirus les personnes de plus de 18 ans.

Ces résultats avaient été dévoilés mi-novembre 2020, peu de temps après ceux de BioNTech et Pfizer. A ce moment-là, la course mondiale aux vaccins était déjà lancée. La Commission européenne avait déjà conclu, le 25 août, des discussions préliminaires avec Moderna pour l’achat d’un vaccin potentiel. Le 25 novembre, l’exécutif européen a approuvé un contrat avec l’entreprise américaine, qui prévoit l’achat initial de 80 millions de doses pour les Vingt-sept et la possibilité de demander jusqu’à 80 millions de doses supplémentaires.

Des conditions de conservation moins complexes

L’EMA était soumise à une forte pression, alors que les États-Unis ont donné leur feu vert au vaccin Moderna dès mi-décembre et que les populations (tout comme les politiciens) européennes se montrent de plus en plus impatientes. Les premiers vaccins Moderna devraient être livrés progressivement à partir de la semaine prochaine à l’UE. Cela pourrait faciliter la tâche de certains États membres, puisque ce vaccin peut être conservé dans un réfrigérateur, à une température inférieure à 20°C. Des exigences moins contraignantes que celles du vaccin BioNTech/Pfizer, qui doit être maintenu à moins de 70 °C, posant un vrai défi logistique. Cependant, tout comme BioNTech/Pfizer, la société américaine a une capacité de production limitée, même si elle envisage de produire environ 600 millions de doses en 2021.

Dès lors, l’arrivée prochaine de ce vaccin ne mettra pas fin immédiatement à la pandémie, ni aux tensions liées à la campagne de vaccination européenne.