La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.294.539 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 13hH00. Plus de 52.775.840 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l'épidémie, dont au moins 34.033.100 sont aujourd'hui considérés comme guéris.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations. Certains pays ne testent que les cas graves, d'autres utilisent les tests en priorité pour le traçage et nombre de pays pauvres ne disposent que de capacités de dépistage limitées.

Sur la journée de jeudi, 9.921 nouveaux décès et 608.625 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont les États-Unis avec 1.512 nouveaux morts, le Brésil (908) et l'Italie (636).


Les pays les plus touchés jusqu'à maintenant

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 242.435 décès pour 10.555.469 cas recensés, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Au moins 4.051.256 personnes ont été déclarées guéries.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 164.281 morts et 5.781.582 cas, l'Inde avec 128.668 morts (8.728.795 cas), le Mexique avec 97.056 morts (991.835 cas), et le Royaume-Uni avec 50.928 morts (1.290.195 cas).

La Chine (sans les territoires de Hong Kong et Macao) a officiellement dénombré un total de 86.307 cas (8 nouveaux entre jeudi et vendredi), dont 4.634 décès et 81.279 guérisons.

L'Amérique latine et les Caraïbes totalisaient vendredi à 13h00 HB 419.270 décès pour 11.885.876 cas, l'Europe 326.527 décès (13.904.462 cas), les Etats-Unis et le Canada 253.189 décès (10.835.945 cas), l'Asie 180.371 décès (11.320.972 cas), le Moyen-Orient 67.695 décès (2.862.682 cas), l'Afrique 46.546 décès (1.935.915 cas), et l'Océanie 941 décès (29.988 cas).

Ce bilan a été réalisé à partir de données collectées par les bureaux de l'AFP auprès des autorités nationales compétentes et des informations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En raison de corrections apportées par les autorités ou de publications tardives des données, les chiffres d'augmentation sur 24h peuvent ne pas correspondre exactement à ceux publiés la veille.

Les restrictions sanitaires s'allongent: renconfinement pour certains, ni bus ni train pour d'autres

La planète s'accroche à l'espoir d'un prochain vaccin contre le Covid-19 mais les semaines vont être longues: la flambée de la pandémie déborde les systèmes de santé aux Etats-Unis et Europe où restriction sanitaires et freins à la vie sociale sont là pour durer.

Aux portes de New York, la ville de Newark incarne la résurgence du coronavirus dans le nord-est des Etats-Unis. Le taux de cas positifs y est de 19% et après le répit de l'été, la vie tourne de nouveau au ralenti.

"Une ville morte", constate Belinda Luis, co-propriétaire d'une salle de sport dans la ville de 280.000 habitants où un couvre-feu est en vigueur depuis jeudi.

Le virus est hors de contrôle dans la plupart des Etats-Unis, et les experts s'alarment de la vague de décès à venir, étant donné le nombre inédit de tests positifs enregistrés, plus de 100.000 par jour, soit une incidence qui se rapproche de celle observée dans l'Union européenne.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés est à son plus haut dans le pays depuis le début de la pandémie, à plus de 65.000 selon le Covid Tracking Project.

Ces derniers jours, quatre Etats, dont celui de New York, ont ordonné aux restaurants et aux bars de fermer à 22 heures, marquant le retour progressif des mesures restrictives laissées à la discrétion des autorités locales.

Pour des millions d'Européens, chaque journée apporte un nouveau lot de renoncements nécessaires afin de ralentir le virus : la Grèce, déjà confinée depuis une semaine, y ajoute vendredi un couvre-feu ; le Portugal élargit les territoires où les autorités exhortent à "rester à la maison".

"La situation est grave et plus critique que celle que nous avons vécue lors de la première phase de la pandémie", a affirmé jeudi soir le Premier ministre Antonio Costa.

Pour réduire les tentations, la Slovénie choisit une option radicale : suspendre les transports publics.

"L'ennemi ce n'est pas l'Etat, c'est le virus", a fait valoir jeudi le Premier ministre français Jean Castex alors que le reconfinement du pays, en place depuis début novembre, suscite lassitude et interrogations sur l'avenir.

La France, l'un des épicentres de la deuxième vague, constate un ralentissement des contaminations mais trop "fragile" pour envisager une levée des restrictions le 1er décembre, a signifié le gouvernement, alors que 95% des capacités en réanimation sont occupées et que "le pic" de cette flambée n'est pas encore atteint.


Face à la saturation des systèmes de soin, la détresse s'exprime à travers le Vieux continent : en Bulgarie où les médecins retraités sont envoyés au front pour compenser le manque de praticiens, souvent partis travailler à l'Ouest pour de meilleurs salaires ; en Serbie où il n'y avait plus de places libres jeudi pour les patients atteints du Covid-19 dans les hôpitaux de Belgrade.

L'annonce faite lundi par les laboratoires Pfizer et BioNTech de tests prometteurs pour un vaccin "efficace à 90%" contre le Covid-19, a fait naître une vague d'espoir et un mouvement d'euphorie sur les marchés financiers.

Mais il est encore trop tôt pour évaluer les répercussions sur l'activité économique de ce vaccin espéré pour 2021, a estimé jeudi le président de La Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell.

Faisant écho à son homologue de la BCE Christine Lagarde, M. Powell y voit "une bonne nouvelle pour le moyen terme" mais avec des inconnues sur la production, la distribution et l'efficacité d'un éventuel vaccin qui vont impliquer de maintenir la garde pour de longs mois encore.

Nouveau record en Allemagne et en Italie

En Allemagne, Angela Merkel et son gouvernement préparent le pays à une vie encore longtemps perturbée par le virus. La chancelière estime que l'épidémie va a minima "nous occuper tout l'hiver".

L'Allemagne a enregistré un nombre record de 23.542 nouvelles infections par le coronavirus au cours des dernières 24 heures, a indiqué vendredi l'Institut de veille sanitaire de référence Robert Koch (RKI). Le pays est en confinement depuis une semaine et demie.

Au total, 751.095 personnes ont été infectées par le coronavirus en Allemagne. Deux-cent-dix-huit nouveaux décès ont par ailleurs été rapportés en 24 heures, portant à près de 12.200 le nombre total de morts.

Le pays observe depuis début novembre, et ce jusqu'à la fin du mois, un confinement afin de lutter contre le coronavirus.

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn a, en réaction aux récents chiffres, déclaré qu'il était encore trop tôt pour dire si un prolongement des mesures de confinement serait nécessaire pour endiguer la propagation du virus. La chancelière Angela Merkel et les dirigeants des seize Länder (Etats régionaux) feront un point lundi sur la situation et décideront si la hausse des cas a été suffisamment ralentie pour modifier ou non les mesures prises.

L'Italie a fait état de 40.902 nouvelles infections au coronavirus vendredi, un nouveau record quotidien, et de 550 décès supplémentaires. Le nombre total d'infections a maintenant dépassé 1,1 million de cas, tandis que le nombre total de décès est passé à 44.139, a déclaré le ministère de la santé et l'Agence de protection civile.

Les membres de l'OMS renforcent la préparation aux pandémies

Les membres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont décidé à Genève de renforcer la préparation aux prochaines pandémies. Ils ont approuvé vendredi une résolution pour mieux faire appliquer le Réglement sanitaire international. Validée en commission pendant la semaine, celle-ci a été avalisée en plénière de l'Assemblée mondiale de la santé. Si elle ne change pas vraiment les dispositifs déjà en vigueur, elle réaffirme l'importance du Réglement sanitaire international, ciblé par plusieurs pays depuis le début de la pandémie.


Avec cette résolution, la communauté internationale appelle à garantir que les Etats soient mieux équipés pour détecter et répondre à des situations comme la pandémie actuelle. Sans attendre l'approbation, le directeur général de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'était félicité dès mardi après la décision en commission.

Le scénario d'un mécanisme d'évaluation de chaque Etat par ses pairs, comme au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, semble avancer. Plusieurs pays l'approuvent, la Suisse se penche sur lui et les Etats-Unis ont estimé qu'il pourrait être utile.

Washington a à nouveau ciblé l'OMS que le président Donald Trump a visée à plusieurs reprises depuis le début de la pandémie. Un de ses représentants a déploré que le "cahier des charges" de la mission internationale en Chine chargée d'établir l'origine du virus n'ait pas été discuté avec les Etats membres. Il a affirmé que celui-ci violait la résolution qui a mandaté ces experts.

Mais l'élection annoncée de Joe Biden comme prochain président américain semble apaiser M. Tedros qui a félicité le démocrate à plusieurs reprises depuis une semaine. Le directeur général, sans mentionner M. Trump, a dénoncé le "déni" et "l'ignorance délibérée" face au Covid-19, appelant à l'unité et à la collaboration.

Ecourtée et axée seulement sur le coronavirus en mai, l'Assemblée mondiale de la santé aura pu aborder d'autres défis cette semaine, même si la pandémie est restée au centre des discussions. Un plan de dix ans contre des maladies négligées et un code international sur le personnel de santé ont été notamment validés lors de la réunion.