Europe

France

Plus de 4.500 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en France au cours des dernières 24 heures, ont annoncé vendredi les autorités sanitaires. Sur la dernière journée écoulée, 4.586 nouveaux diagnostics positifs ont été enregistrés, contre 4.771 jeudi, selon Santé Publique France.

C'est le deuxième jour consécutif, depuis mai, que la barre des 4.000 nouveaux cas sur 24 heures est franchie.

Et le pourcentage de tests positifs continue à légèrement augmenter, à 3,4% contre 3,3% jeudi. 41 nouveaux foyers de cas groupés (clusters) ont été détectés, a aussi indiqué Santé Publique France.

Au total, 4.745 personnes sont hospitalisées pour une infection au Covid-19, un chiffre en légère baisse (elles étaient 4.748 jeudi, 4.806 mercredi).

Le nombre de patients en réanimation (379) est stable par rapport à jeudi (380).

Au moins 30.503 personnes sont décédées en France depuis le début de l'épidémie (23 décès de plus depuis jeudi) - un des pires bilans au monde -, dont 19.992 au sein des établissements hospitaliers et 10.511 en établissements sociaux et médico-sociaux (un chiffre qui date de mardi et sera actualisé le 25 août).

Sept départements (Bouches-du-Rhône, Guyane, Hérault, Paris, Sarthe, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) sont classés en niveau de vulnérabilité élevé, a également souligné Santé publique France. Trente et un départements se trouvent en niveau de vulnérabilité modéré.

Suisse

La Suisse a enregistré vendredi pour la deuxième fois cette semaine plus de 300 nouveaux cas quotidiens, un niveau jamais atteint depuis la mi-avril, faisant craindre la survenue d'une deuxième vague. Le pays, qui compte quelque 8,5 millions d'habitants, a été relativement épargné par le nouveau coronavirus, malgré sa proximité avec l'Italie, qui fut l'épicentre de l'épidémie en Europe.

Le gouvernement suisse n'a jamais instauré de confinement aussi strict que d'autres pays européens mais des restrictions qui ont été progressivement levées depuis le 27 avril, permettant ainsi aux écoliers de retrouver les bancs de l'école à la mi-mai.

Les autorités avaient alors expliqué que la Suisse avait réussi à éviter le pire, notamment grâce au respect des règles et des gestes barrières par la population.

Mais depuis la mi-juin, le nombre de nouveaux cas quotidiens, qui avoisinait alors la vingtaine, n'a cessé d'augmenter, obligeant les autorités à hausser le ton.

Le port du masque est ainsi devenu obligatoire dans les transports publics depuis juillet. Et certains cantons, comme à Genève où le nombre de cas a particulièrement augmenté, l'ont également rendu obligatoire dans les magasins.

Genève a également refermé ses boîtes de nuit depuis août, alors que les discothèques, bars et autres lieux de divertissement ont été accusés de faciliter la transmission du virus dans plusieurs régions du pays.

"La situation est sous contrôle, mais reste fragile", a estimé jeudi le ministre suisse de la Santé, Alain Berset, déplorant devant les médias "une certaine baisse de discipline" au sein de la population et appelant au respect des gestes barrières et des mesures de quarantaine.

En Suisse, le Covid-19 a fait 1.718 morts depuis que le premier cas a été détecté fin février dans le canton du Tessin, frontalier de l'Italie.

Royaume-Uni

Le confinement va être durci dans plusieurs zones du nord-ouest de l'Angleterre, tandis que Birmingham, deuxième ville la plus peuplée du Royaume-Uni, a été placée sous surveillance en raison d'une recrudescence du nouveau coronavirus, a annoncé vendredi le gouvernement britannique. A partir de minuit, les habitants des villes d'Oldham et de Blackburn, ainsi que de plusieurs zones du district de Pendle, où résident au total près d'un demi-million de personnes, ne pourront plus rencontrer de personnes extérieures à leur foyer, a précisé l'exécutif dans un communiqué.

En revanche, les restaurants, pubs et crèches resteront ouverts, et les écoles devraient rouvrir comme prévu début septembre.

Selon le gouvernement, "les données locales indiquent que l'augmentation (des cas positifs) continue d'être causée par les rencontres entre gens de groupes d'âge plus jeunes, entre 20 et 39 ans".

A Birmingham (centre), "les cas de Covid-19 augmentent rapidement" et "plus de la moitié des cas au cours de la semaine écoulée ont été constatés parmi les 18-34 ans", a-t-il ajouté, précisant que les tests seront intensifiés dans la ville de plus de 1,1 million d'habitants.

Des mesures supplémentaires seront discutées vendredi entre le ministre de la Santé, Matt Hancock, et les autorités locales.

Des restrictions restent en place également dans le Lancashire, le Grand Manchester et l'ouest du Yorkshire, où les rencontres sont limitées à deux foyers.

Pays le plus endeuillé d'Europe, le Royaume-Uni dénombre plus de 41.400 morts pour plus de 322.000 cas positifs.

USA

Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 aux Etats-Unis a nettement baissé en trois semaines, mais les experts se demandent si les Américains auront la discipline de poursuivre les gestes barrières jusqu'à ce que l'épidémie soit réellement sous contrôle.

Après des pics à plus de 70.000 nouveaux cas par jour en juillet, le pays a enregistré 43.000 cas jeudi. Les hospitalisations ont baissé d'un tiers depuis le pic, selon le Covid Tracking Project, et le nombre de morts, stable à un millier par jour depuis fin juillet, devrait en toute logique commencer à diminuer.

"J'espère que la semaine prochaine, nous commencerons à voir une réduction" de la mortalité, a dit jeudi le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield, lors d'un échange en ligne avec la revue médicale Jama.

Le pays n'est cependant pas sorti du bois. Le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas rapporté à la population) reste le triple de celui observé en France ou au Mexique. Et la moyenne américaine cache d'énormes disparités régionales.

"On commence à inverser la tendance dans ce que j'appelle l'épidémie du Sud", a dit Robert Redfield. "Mais il y a des signaux inquiétants", a-t-il dit, en pointant la région centrale du Midwest, où les chiffres stagnent au lieu de baisser.

"Le Midwest est coincé en ce moment", a averti Robert Redfield.

"Nous ne sommes pas condamnés à une troisième vague dans le centre", a-t-il ensuite imploré.

Amérique Latine

L'Amérique latine et les Caraïbes, qui comptabilisent le plus grand nombre de contaminations au coronavirus au monde, ont franchi jeudi la barre des 250.00 décès, selon un décompte de l'AFP établi à partir de statistiques officielles. La région, où vivent 620 millions d'habitants, enregistrait 6 .463. 245 contaminations et 250.969 décès jeudi à 22H00 GMT (00h00 à Bruxelles).

Près de six mois après l'apparition de l'épidémie dans la région, le Brésil, le Pérou et le Mexique sont les pays les plus touchés.

Le Brésil, géant sud-américain de 212 millions d'habitants, est le deuxième pays le plus touché au monde, derrière les Etats-Unis, avec 3,5 millions de cas confirmés, dont 45.323 nouvelles contaminations au cours des dernières 24 heures. Le pays a recensé un total de 112.304 décès dus au Covid-19.

Le Pérou, pays le plus endeuillé d'Amérique latine au regard de sa population de 33 millions d'habitants, a enregistré 26.834 morts du coronavirus. La crise sanitaire a fait s'effondrer le Produit intérieur brut (PIB) péruvien de 30,2% au cours du deuxième trimestre et fait entrer le pays en récession.

Le Mexique, qui compte 120 millions d'habitants, a enregistré plus d'un demi-million de contaminations confirmées (537.031) et le nombre de morts du Covid-19 s'élève à 58.481.

Le chiffre du nombre de contaminations ne reflète qu'une part du nombre réel de cas, de nombreux pays n'utilisant les tests que pour le traçage ou ne disposant pas de ressources suffisantes pour mener de larges campagnes de dépistage.

L'Argentine, de son côté, a enregistré jeudi son plus grand nombre quotidien d'infections au coronavirus avec 8.225 nouveaux cas, a annoncé le ministère de la Santé. Quelque 320.871 contaminations ont été enregistrées au total, pour 6.517 décès, dans un pays de 44 millions d'habitants.

Ce chiffre élevé de nouveaux cas pour une seule journée intervient trois jours après une nouvelle marche de l'opposition dans le centre de Buenos Aires pour demander au gouvernement la fin des mesures de confinement, que les manifestants considèrent comme une manière de restreindre la liberté individuelle.

La pandémie et les mesures de restrictions pour tenter de la freiner, avec de long mois de confinement dans la plupart des pays latino-américains, ont fortement creusé les inégalités et renforcé la pauvreté.

L'épidémie devrait ainsi faire retomber dans la pauvreté 45 millions de personnes, ce qui portera le total à 231 millions, soit 37,3% de la population de la région, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc).

Asie

Syrie

Un premier décès dû au nouveau coronavirus a été enregistré dans la région d'Idleb, dernier grand bastion rebelle, dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué vendredi un responsable des autorités sanitaires locales. La région d'Idleb, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et des factions rebelles moins influentes, abrite quelque trois millions d'habitants, dont la moitié ont été déplacés.

Un porte-parole des autorités sanitaires dans la province d'Idleb, Imad Zahran a indiqué qu'une déplacée de 80 ans dans un camp de la ville de Sarmada était décédée des suites de Covid-19.

"Elle a souffert d'une grave insuffisance rénale et d'une forte tension artérielle", a-t-il précisé.

Les autorités ont tracé ses contacts, conduit des tests et ordonné aux personnes concernées de s'isoler, a indiqué M. Zahran à l'AFP.

Un autre responsable local a indiqué jeudi soir sur Twitter que 59 cas, incluant ce décès, avaient été enregistrés dans la région d'Idleb.

Les autorités de Damas ont enregistré 2.008 cas de nouveau coronavirus, dont 82 décès, dans les territoires sous leur contrôle. Mais selon des médecins à Damas, le nombre réel des infections est sûrement plus élevé, le bilan officiel ne comptabilisant que les personnes testées.

Dans le nord-est de la Syrie, l'administration semi-autonome kurde a annoncé 280 cas, dont 17 morts.

Ces dernières années, le régime syrien, soutenu par Moscou et Téhéran, a réussi à reprendre plus de 70% du territoire syrien.

Hong Kong

Le gouvernement de Hong Kong a annoncé vendredi vouloir lancer le 1er septembre une opération de dépistage de masse d'une durée de deux semaines. Les résidents du territoire pourront, selon les médias locaux, s'enregistrer sur base volontaire, même s'ils ne présentent aucun symptôme.

Les autorités de la métropole espèrent, grâce à la campagne de dépistage, détecter des cas d'infection passés sous le radar. Il y aura 150 sites de dépistage ouverts de 08h00 à 20h00 locales. Un frottis nasal et de gorge sera effectué sur les résidents qui se seront eux-mêmes soumis aux tests sur base volontaire. La ministre de la Santé, Sophia Chan Siu-chee, espère pouvoir compter sur au moins 5 millions de volontaires. Plus de 4.600 personnes ont été signalées positives au nouveau coronavirus dans l'ancienne colonie britannique, qui compte environ 7,5 millions d'habitants et qui jouit d'un statut spécial au sein de la Chine. Le bilan de l'épidémie s'élève à 75 morts.

Corée du Sud

Les autorités sanitaires sud-coréennes ont signalé 324 nouveaux cas de coronavirus vendredi, soit la plus forte augmentation depuis le début du mois de mars, rapporte l'agence de presse Yonhap. Le nombre d'infections en Corée du Sud a augmenté rapidement au cours des huit derniers jours.

Le pays a enregistré près de 1.900 nouveaux cas, selon les données du Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC). Au total, plus de 16.670 Sud-Coréens ont été infectés par le coronavirus, tandis que 309 autres en sont morts.

Parmi les nouvelles infections, 315 ont été transmises localement.

Le bilan de vendredi est le plus élevé depuis le 8 mars. À l'époque, 367 nouvelles infections avaient été recensées en Corée du Sud.

Les autorités sanitaires, qui ont associé la recrudescence des cas à une église dans le nord de la capitale Séoul, ainsi qu'à un rassemblement ayant eu lieu dans la ville le week-end passé, se sont déclarées préoccupées par le risque de propagation du virus à travers le pays.

Cent vingt-cinq nouvelles infections ont été enregistrées à Séoul, et 102 autres dans la province voisine de Gyeonggi. Jeudi, 676 nouveaux cas de contamination étaient attribués au foyer d'infections situé dans la capitale, au sein de l'Eglise Sarang Jeil. Les autorités ont interdit tous les rassemblements religieux depuis samedi à Séoul et dans la province qui entoure la capitale.

La Corée du Sud a connu des foyers d'infections sporadiques après avoir assoupli ses mesures de distanciation sociale le 6 mai.