L'Allemagne va durcir ses restrictions

L'Allemagne va durcir ses restrictions en raison de la pandémie de coronavirus. Le pays se trouve "dans une phase de la pandémie qui est sérieuse", a affirmé mercredi soir la chancelière Angela Merkel à l'issue d'une réunion avec les responsables des 16 Etats régionaux.

Le nombre de participants à des évènements privés sera par exemple limité à 15 dans les régions enregistrant plus de 35 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants sur sept jours.

"Je suis convaincue que ce que nous allons faire maintenant va déterminer la manière dont nous traverserons cette pandémie", a commenté la chancelière.

5.132 nouvelles infections ont été détectées mercredi en Allemagne, soit une augmentation de 1.000 cas en plus par rapport aux 4.122 recensés mardi, selon l'Institut Robert Koch, qui y fait foi en la matière, étant l'équivalent de Sciensano en Belgique.

A titre de comparaison, entre le 4 et le 10 octobre, il y a eu en moyenne 5.057 nouvelles infections au coronavirus par jour en Belgique.

En tout, l'Allemagne dénombre 334.585 personnes qui ont été infectées depuis le début de la pandémie, dont 9.677 qui n'y ont pas survécu, soit 43 décès de plus par rapport à la veille.

Les chiffres de l'épidémie y sont au même niveau que lors de la première vague mi-avril mais restent encore sous le pic atteint fin mars et début avril, quand le pays dénombrait 6.000 nouveaux cas quotidiens.

Le nombre d'infections quotidiennes dépasse les 7.300 en Italie, un record

L'Italie a enregistré mercredi un nombre record de cas de Covid-19 en une journée, avec 7.332 infections. Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie. Le précédent record, enregistré le 21 mars, s'élevait à 6.557 infections détectées en une journée.

L'Italie a dénombré un total de 372.799 cas de coronavirus. La pandémie y a fait 36.289 morts, selon l'Agence de protection civile.

La Catalogne ferme bars et restaurants pendant 15 jours

Les bars et restaurants vont être fermés pendant 15 jours dans la région espagnole de Catalogne (nord-est) à partir de jeudi soir afin de freiner la progression de l'épidémie de Covid-19, ont annoncé mercredi les autorités régionales. L'annonce de cette mesure drastique intervient après le bouclage partiel de Madrid et d'autres restrictions prises dans les régions d'Andalousie, de Navarre ou de Galice pour combattre la hausse des contaminations en Espagne, où la pandémie a tué plus de 33.000 personnes.

Les restaurants et bars ne pourront plus servir les clients dans leurs établissements et pourront uniquement livrer à domicile, des mesures "difficiles" décidées afin d'"éviter un confinement total ces prochaines semaines", a annoncé Pere Aragones, président par intérim du gouvernement régional lors d'une conférence de presse.

Ces restrictions entreront en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi et dureront au moins 15 jours, a-t-il précisé, affirmant ne pas ignorer qu'"il s'agit d'une mesure difficile pour le secteur de la restauration".

"Il nous faut limiter les dîners avec les amis, les sorties du week-end, les rendez-vous avec les amis ou la famille, qui peuvent attendre, et devront attendre", a-t-il encore dit.

La Catalogne, l'une des premières régions à avoir été touchée par la deuxième vague de l'épidémie en juillet, était parvenue à maîtriser l'avancée des contaminations en prenant des mesures fortes, avant de voir les infections repartir en flèche depuis quelques jours.

Ces mesures, parmi les plus drastiques en Espagne, s'ajoutent au cortège d'interdictions touchant les lieux de restauration en Europe.

Les Pays-Bas ont eux aussi ordonné la fermeture des bars et restaurants. L'Italie a, quant à elle, interdit aux bars et restaurants de servir des clients non assis après 21h00, tandis que Paris a fermé ses bars mais pas ses restaurants et Liverpool en Angleterre ses pubs.

La Russie enregistre un deuxième vaccin et un nouveau record de cas

La Russie a approuvé un deuxième vaccin contre le coronavirus, a annoncé mercredi le président Vladimir Poutine au cours d'un rassemblement du gouvernement. Le pays fait, depuis quelques semaines, face à une importante résurgence de l'épidémie, avec 14.231 nouveaux cas en 24h annoncés mercredi.

Le président russe a félicité les scientifiques pour l'approbation du nouveau vaccin "EpiVacCorona", développé par le centre de recherche virologique sibérien de Novossibirsk. Le vaccin a en effet passé une première phase des essais cliniques sur l'être humain le mois dernier.

"Nous devons maintenant augmenter la production du premier et deuxième vaccin", a souligné M. Poutine à la télévision d'État. "Nous poursuivons notre collaboration avec nos partenaires étrangers et allons promouvoir notre vaccin à l'étranger."

Le président russe a également déclaré qu'un troisième vaccin russe est en cours de développement à l'Académie des sciences de Russie.

Le pays a enregistré en août son premier vaccin contre le nouveau coronavirus, mis au point par le centre de recherches moscovite Gamaleïa avec le ministère russe de la Défense. Baptisé Spoutnik V, en référence au satellite soviétique, il avait été perçu avec scepticisme dans le monde, notamment parce qu'il n'avait pas atteint la phase finale des essais au moment de son annonce en grande pompe par les autorités.

Le deuxième vaccin est, lui aussi, annoncé avant la fin de la phase de test 3.

La Russie a connu une importante résurgence de l'épidémie ces dernières semaines, avec 14.231 nouveaux cas en 24h annoncés mercredi, un record depuis le début de la crise du nouveau coronavirus.

Mardi, le pays a enregistré un record de décès (244 en 24h), les autorités indiquant que 90% des lits d'hôpitaux réservés aux malades touchés par le coronavirus étaient désormais occupés.

La Russie a enregistré plus de 1,34 million de cas d'infection, ce qui en fait le quatrième pays mondial le plus touché en nombre de cas, après les États-Unis, l'Inde et le Brésil.

La première vague responsable de 200.000 morts dans une vingtaine de pays occidentaux

La première vague de la pandémie de Covid-19 est responsable de plus de 200.000 morts, de façon directe et indirecte, dans une vingtaine de pays occidentaux, estime une étude publiée mercredi. Dix-neuf nations d'Europe, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont enregistré au total "environ 206.000 morts de plus que prévu si la pandémie de Covid-19 ne s'était pas produite" entre mi-février et fin mai. Sur ce total, 167.000 décès sont dus directement au SARS-CoV-2, selon cette étude de modélisation mathématique, parue dans la revue Nature Medicine.

Les causes des décès "indirects" sont par exemple un moins bon accès aux soins pour d'autres maladies ou accidents, la perte des relations sociales ou de revenu, la violence domestique, les suicides ou encore de moins bonnes habitudes alimentaires.

La répartition entre les sexes est équilibrée, avec 106.000 hommes et 100.000 femmes. L'Angleterre et le Pays-de-Galles ainsi que l'Espagne apparaissent comme les nations les plus durement touchées, avec une augmentation de 37% à 38% de la mortalité par rapport aux niveaux attendus en l'absence de pandémie - contre une hausse de 18% en moyenne sur l'ensemble des pays analysés. Suivent l'Italie, l'Ecosse et la Belgique.

La maladie causée par le virus Sars-Cov-2 a directement provoqué plus d'un million de morts dans le monde, selon les décomptes officiels, mais elle a aussi entraîné des décès de façon indirecte, en raison de ses effets sociaux et économiques et de la perturbation des systèmes de santé.

Selon une étude publiée lundi dans le Journal of the American Medical Association, pour deux Américains dont le décès a été attribué au Covid-19, un troisième est aussi mort directement ou indirectement à cause de la pandémie.

A l'inverse, la baisse de la circulation routière ou l'amélioration de la qualité de l'air pendant le confinement ont pu éviter des décès qui auraient eu lieu sans la pandémie.

Plus de 10.000 morts en Irak

Plus de 10.000 personnes sont mortes du nouveau coronavirus en Irak où le système sanitaire peine à faire face à l'afflux des malades, a annoncé mercredi le ministre irakien de la Santé. L'Irak a enregistré depuis le début de la pandémie plus de 413.000 cas de Covid-19, dont 10.021 décès, selon le ministre. Environ 85% des malades sont guéris.

Bagdad a récemment levé certaines restrictions et les mosquées, commerces et cafés ont rouvert, mais le gouvernement a gardé les frontières du pays fermées aux non-résidents.

L'Iran voisin est le pays de la région le plus frappé par la pandémie, avec près de 30.000 morts sur son sol, selon les autorités locales. Le gouvernement irakien a également enjoint la population à éviter les grands rassemblements.

Selon les autorités religieuses, plus de 14,5 millions de pèlerins ont toutefois participé cette année à l'Arbaïn, une grande commémoration chiite qui s'est terminée la semaine dernière, beaucoup ne portant pas de masques ou ne respectant pas les règles de distanciation physique.

Usé par des années de guerre et de manque d'investissements, le système de santé irakien s'est écroulé sous la pression des nombreux malades du nouveaux coronavirus, et le personnel médical se plaint du manque d'équipements de protection.

Nouveaux records en Iran, cinq villes bouclées

Cinq des plus grandes villes d'Iran vont être partiellement bouclées pour trois jours, ont annoncé mercredi les autorités de Téhéran sur fond de nouveaux records liés à l'épidémie de Covid-19 dans le pays. Selon les chiffres du ministère de la Santé, l'Iran a franchi deux nouveaux records mercredi avec 279 décès quotidiens dus au virus Sars-CoV-2 et 4.830 nouvelles contaminations en 24h.

A partir de minuit (20h30 GMT mercredi), il sera interdit d'entrer ou sortir en véhicule individuel de Téhéran et Karaj (à une cinquantaine de kilomètres de la capitale) ainsi que de Machhad (Nord-Est), Ispahan (Centre) et Ourmia (Nord-Ouest) jusqu'à dimanche midi, a déclaré le directeur des relations publiques du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour, à la veille d'un week-end de trois jours.

L'interdiction, destinée à contenir la propagation du nouveau coronavirus dans le pays du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie, ne s'applique pas aux "transports publics" tels que les bus, les taxis ou les avions, a précisé M. Jahanpour, dans des déclarations à la télévision d'État.

Le week-end tombe les jeudis et vendredis en Iran, et samedi est un jour férié.

"Nous constatons qu'une grande partie de la population, pour toutes sortes de raisons, ne se conduit pas de manière responsable", a déclaré M. Jahanpour.

"Les autorités accusent la population, mais cela ne correspond pas à la réalité", réplique une retraitée de Téhéran, Pakzamir, interrogée par l'AFP. A cause des difficultés économiques, un employé "ne peut pas prendre un taxi tous les jours pour aller à son travail, le coût de la course est trop élevé", dit-elle. "Il prend le métro ou les transports en commun et cela contribue à l'augmentation de la maladie".

"La principale raison [du renforcement de l'épidémie] est l'absence de plans de la part du gouvernement", estime Fariba Qasemi, professeur, reprenant une critique répandue dans la presse et certains milieux politiques.

Les week-ends prolongés donnent traditionnellement lieu à de nombreux départs sur les routes, notamment à partir de Téhéran.

Depuis l'annonce des premières contaminations en février, l'épidémie a fait 29.349 morts sur un total de 513.219 cas confirmés, selon les chiffres officiels.

Le vice-ministre de la Santé Iraj Harirchi a néanmoins déclaré mercredi que ces chiffres étaient très inférieurs à la réalité, peut-être de moitié voire plus, compte tenu des protocoles retenus pour les statistiques.