Le ralentissement de la pandémie de Covid-19 en Europe conduit vendredi la Grande-Bretagne à assouplir son régime de quarantaine, une perspective encore lointaine pour le continent américain que la maladie frappe toujours durement.

Pour la première fois depuis le déclenchement de l'épidémie en Chine en décembre, l'Amérique latine a dépassé vendredi l'Europe en nombre de cas, avec plus de 2,7 millions de malades, même si le Vieux continent reste la région du monde la plus endeuillée avec près de 200.000 morts devant les Etats-Unis et le Canada (137.421) et l’Amérique latine (121.662).

Les experts soulignent toutefois que le décompte des personnes affectées par le virus est loin d'être une science exacte, les pays ayant des méthodes et des moyens de comptage très différents les uns des autres.

Le Royaume-Uni a été l'un des pays européens les plus touchés par la pandémie avec au moins 44.000 morts, mais le nombre de cas ralentit. Cela incite Londres à commencer à lever les restrictions imposées pendant un confinement qui a duré trois mois.

Dès le 10 juillet, les Belges ainsi que les citoyens de 59 pays ne seront plus mises en quarantaine à leur arrivée en Angleterre, selon une liste dévoilée vendredi. Le ministre des Transports Grant Shapps parle d'une grande étape dans la réouverture du pays. Selon le journal The Telegraph, le gouvernement espérait obtenir une liste pour l'ensemble du Royaume-Uni mais le désaccord avec la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a tué cet espoir.

Les voyageurs en provenance de Belgique, d'Allemagne, de France, d'Espagne ou encore d'Italie notamment ne seront plus, à partir du 10 juillet, soumis à une quarantaine obligatoire.

Mais, au risque de la confusion, le gouvernement britannique a également décidé que ces exemptions ne concerneraient que les arrivées en Angleterre et que des quarantaines de 14 jours seraient toujours obligatoires pour toute personne arrivant en Ecosse, au Pays de Galles ou en Irlande du Nord, sous peine d'amende.

La quarantaine est en vigueur au Royaume-Uni depuis le 8 juin. Le ministre Shapps a précisé qu'il y aurait une adaptation rapide si le taux d'infection dans l'un des pays de la liste devait augmenter.

"Coup de pouce"

Mais, au risque de la confusion, le gouvernement britannique a également décidé que ces exemptions ne concerneraient que les arrivées en Angleterre et que des quarantaines de 14 jours seraient toujours obligatoires pour toute personne arrivant en Ecosse, au Pays de Galles ou en Irlande du Nord, sous peine d'amende.

La directrice de Visit Britain, l'office du tourisme du Royaume-Uni, Patricia Yates, s'est réjouie de ce "coup de pouce opportun à l'industrie du tourisme au moment où nous entrons dans la haute saison", tandis que la compagnie aérienne EasyJet a salué un "geste important".

"Alors que nous franchissons cette prochaine étape, notre plus grande étape à ce jour, sur la voie de la reprise, j'exhorte le public britannique à le faire en toute sécurité", va déclarer vendredi, dans un discours dont des extraits ont été transmis à l'avance par ses services, le Premier ministre Boris Johnson.

Alors que le ralentissement de la pandémie se confirme en Europe, avec des chiffres de contamination partout en baisse, le virus est plus actif que jamais outre-Atlantique.

Première puissance mondiale et pays le plus endeuillé au monde, (128.740 décès), les Etats-Unis ont atteint jeudi un niveau record avec 53.069 nouvelles contaminations en 24 heures, qui portent le total à plus de 2,7 millions, selon l'Université Johns Hopkins.

Le docteur Anthony Fauci, qui dirige l'Institut des maladies infectieuses, a prédit que le nombre quotidien de contaminations pourrait bientôt atteindre les 100.000 et admis que la maladie était dans son pays hors de contrôle.

Au Texas, une explosion de nouveaux cas a forcé le gouverneur républicain Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire en public.

"Nous pouvons maintenir les entreprises ouvertes et développer notre économie afin que les Texans puissent continuer à gagner leur vie, mais cela exige que chacun d'entre nous joue son rôle pour se protéger mutuellement, ce qui implique de se couvrir le visage dans les espaces publics", a-t-il déclaré.

Rendre le port du masque obligatoire n'est pas une mince affaire aux Etats-Unis, où cet attribut, comme son absence, sont devenus des signes politiques.

Les plus fervents partisans de Donald Trump n'en portent que rarement. D'autres invoquent leur liberté individuelle. Un vigile a même été abattu pour avoir demandé à un client de se couvrir le visage avant d'entrer dans le magasin.

Fête nationale à haut risque

Les Etats-Unis abordent un week-end sensible, avec samedi la fête nationale du 4 juillet, traditionnellement marquée par des réunions familiales ou de grands rassemblements pour assister aux feux d'artifices.

Le Brésil a quant à lui enregistré jeudi plus de 48.000 nouvelles contaminations et 1.252 décès supplémentaires, portant le bilan de l'épidémie à 61.884 morts pour près de 1,5 million de cas.

Malgré cela, les restaurants, cafés et bars de Rio de Janeiro ont rouvert jeudi après trois mois d'inactivité, une initiative jugée prématurée par les experts.

Le Pérou a passé jeudi le cap des 10.000 morts, la semaine où le pays entame un déconfinement progressif de certaines régions, dont la capitale Lima.

En Chine la municipalité de Pékin, qui a connu mi-juin un rebond du nombre de cas de Covid-19, a annoncé vendredi la levée de la plupart des restrictions pour quitter la ville, assurant avoir stoppé la contagion.

Après deux mois sans aucune contamination au coronavirus, un résultat attribué à de strictes mesures sanitaires, la ville de 21 millions d'habitants a brusquement vu le nombre de cas se multiplier le mois dernier. Au moins 331 personnes ont ainsi été contaminées dans la capitale chinoise.

Ces restrictions seront levées à compter de samedi minuit (15H00 GMT), a annoncé la municipalité, alors que les nouveaux cas de Covid-19 à Pékin se limitent désormais à quelques-uns par jour.

La pandémie a fait au moins 521.384 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP vendredi matin à partir de sources officielles.

Une étude publiée par la revue scientifique Cell a démontré que la variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd'hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l'origine en Chine, ce qui la rend probablement plus contagieuse entre humains.

Toujours en Asie, mais aux Philippines, les contaminations sont reparties à la hausse, avec un nouveau record. Les Philippines ont confirmé vendredi 1.531 nouvelles contaminations au coronavirus, portant le nombre total de cas à plus de 40.336. Le nombre total de décès est passé à 1.280, avec six décès supplémentaires ces dernières 24 heures, a précisé le ministère de la Santé. Parmi les 1.531 nouveaux cas, 688 ont été confirmés et 843 sont issus de résultats tardifs de tests ou viennent seulement d'être ajoutés au nombre total.

Le ministère a déclaré que le pic pourrait avoir été causé par l'arrivée d'un nouveau système d'extraction de données qui permet aux laboratoires qui effectuent des tests de faire des rapports 24 heures sur 24.