La pandémie de coronavirus, qui a contaminé plus de 65 millions de personnes et en a tué plus de 1,5 million, a recommencé à accélérer dans une partie du monde, ce qui n'a pas empêché certains pays à se montrer plus optimistes, à commencer par la Grande-Bretagne.

Les autorités sanitaires britanniques ont ainsi jugé vendredi "probable" une régression importante de la pandémie, "d'ici au printemps" grâce à la vaccination, tout en appelant à se préparer à une recrudescence après Noël.

Pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie (plus de 60.000 morts), le Royaume-Uni est devenu cette semaine le premier pays occidental à autoriser un vaccin contre le Covid-19 en donnant son feu vert à celui de Pfizer et BioNTech. Les premières doses doivent être injectées la semaine prochaine.

Il a été rejoint vendredi par Bahreïn, deuxième pays dans le monde à accorder une telle autorisation.

Le Covid-19 a fait à ce jour au moins 1.507.480 morts, pour 65,2 millions de cas, selon un comptage de l'AFP vendredi.

Et depuis le 24 novembre, plus de 10.000 nouveaux morts sont enregistrés chaque jour sur la planète (12.658 jeudi), un niveau jamais atteint auparavant.

Le Canada a ainsi franchi vendredi le seuil des 400.000 cas en 24 heures, à peine plus de deux semaines après avoir atteint les 300.000, marquant une accélération de la pandémie dans ce pays

Avec l'arrivée des vaccins, "nous commençons à apercevoir la fin de la pandémie", a estimé vendredi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un sommet de l'ONU sur la pandémie.

Mais "nous ne pouvons tout simplement pas accepter un monde dans lequel les pauvres et les marginalisés sont piétinés par les riches et les puissants dans la ruée vers les vaccins", a-t-il martelé, alors que le début des campagnes de vaccination est annoncé comme imminent dans certains pays - les plus riches de la planète.

Le Portugal assouplira ses restrictions sanitaires pendant les fêtes de fin d'année

La deuxième vague de Covid-19 a commencé à refluer au Portugal mais les autorités ont décidé de maintenir les restrictions sanitaires en vigueur, afin de pouvoir les alléger pendant les fêtes de fin d'année, a annoncé samedi le Premier ministre Antonio Costa. "Notre stratégie pour le mois qui vient passe par le prolongement des mesures actuellement en vigueur", a déclaré M. Costa en ajoutant ensuite que "pour Noël et Nouvel An nous aurons quelques exceptions".

Cet allègement des restrictions, qui concerne surtout les 113 communes (sur un total de 308) où le risque de contamination au nouveau coronavirus reste "extrêmement élevé" ou "très élevé", devra néanmoins être confirmé le 18 décembre, a-t-il précisé en conférence de presse.

Depuis fin octobre, le Portugal a imposé un reconfinement partiel qui a été progressivement élargi à la majeure partie du pays.

Dans les régions les plus touchées, un couvre-feu nocturne et les week-ends a été instauré, mais les écoles et les commerces n'ont pas fermé comme au printemps.

Pour le week-end de Noël, le gouvernement ne prévoit pas d'interdire la circulation entre municipalités, comme il l'a fait ce week-end et le précédent. Pour la Saint-Sylvestre, cette mesure sera de nouveau instaurée pour éviter les déplacements à travers le pays.

A Noël comme pour le Nouvel An, les horaires du couvre-feu seront réduits et les restaurants pourront fermer plus tard.

L'état d'urgence en vigueur depuis le 9 novembre a été formellement prolongé vendredi jusqu'au 23 décembre, et les dirigeants du pays ont déjà prévenu qu'il sera étendu au moins jusqu'au 7 janvier.

Grâce à ces mesures, le Portugal a détecté la semaine écoulée moins de 4.000 nouveaux cas par jour en moyenne, contre près de 6.500 contaminations quotidiennes deux semaines auparavant.

En revanche, le nombre des hospitalisations plafonnait toujours à un niveau jugé "extrêmement élevé" par M. Costa, avec environ 3.300 personnes hospitalisées au total, dont plus de 500 dans des services de soins intensifs.

Avec sa population de 10 millions d'habitants, le Portugal comptait samedi près de 5.000 morts depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Selon le plan national de vaccination ébauché cette semaine, le pays compte recevoir 22 millions de doses de vaccins à partir de janvier et commencera par vacciner 950.000 personnes considérées prioritaires.

Les Français antivax?

En France (54.140 morts), plus la vaccination prévue début janvier approche, moins les Français semblent vouloir se faire vacciner: seule la moitié en a l'intention, contre deux tiers en juillet, selon Santé publique France (SpF).

L'amélioration de la situation pourrait aussi conforter certains Français dans leur refus d'un vaccin. Le nombre des personnes mortes à l'hôpital du Covid-19 est passé sous les 300 au cours des dernières 24 heures, à 284, tandis que la décrue en réanimation se poursuit, a ausi indiqué SpF vendredi.

Pour éliminer les obstacles, la vaccination sera gratuite. La campagne commencera en janvier pour les seniors en établissements de santé, et se poursuivra en février pour les personnes fragiles, puis au printemps pour l'ensemble de la population.

Suivant une stratégie similaire, l'Espagne espère vacciner 15 à 20 millions de ses concitoyens, sur une population de 47 millions, d'ici mai ou juin prochain. "Nous allons pouvoir commencer la campagne de vaccination début janvier", selon le ministre de la Santé, Salvador Illa.

La situation s'est améliorée récemment dans ce pays parmi les plus durement frappés d'Europe, mais le gouvernement régional de Madrid a néanmoins décidé vendredi d'annuler le traditionnel rassemblement du 31 décembre à la Puerta del Sol, en plein coeur de la capitale, pour avaler des grains de raisin au son des douze coups de minuit.

Ski restreint en Suisse

La situation reste contrastée en Europe.

Un nombre record de 993 morts en 24 heures a été enregistré jeudi en Italie. Le gouvernement a durci les conditions de déplacement à l'intérieur du pays pour les fêtes de fin d'année.

En République tchèque, les commerces, restaurants et musées ont rouvert.

En Grèce, le confinement en vigueur depuis un mois a été à nouveau prolongé d'une semaine en raison de taux toujours élevés de contaminations.

La puissante Eglise orthodoxe grecque, jusqu'ici largement sceptique voire hostile aux mesures anti-Covid, a ainsi vu son propre chef être contaminé.

En Suisse, il sera possible de skier à Noël, mais la capacité dans les installations de transport fermées comme les trains et télécabines sera limitée et le masque obligatoire, a annoncé vendredi le gouvernement, sous la pression de la France, de l'Italie et l'Allemagne voisines, où les remontées mécaniques resteront à l'arrêt.

Flambée post-Thanksgiving

Sur l'autre rive de l'Atlantique, la situation, en revanche, est encore loin de s'améliorer. Aux Etats-Unis, qui paient le plus lourd tribut avec plus de 278.000 morts, les voyages effectués il y a une semaine pour Thanksgiving par des millions d'Américains risquent de provoquer "une flambée s’ajoutant à la flambée", redoute ainsi l'immunologue Anthony Fauci.

Les Etats-Unis ont enregistré vendredi, pour le deuxième jour consécutif, un record de contaminations en 24 heures, avec 225.201 nouveaux cas selon l'université Johns Hopkins, qui fait référence.

Au Brésil, les centres commerciaux de Rio de Janeiro seront ouverts 24 heures sur 24 pour tenter d'éviter les foules pour les achats de Noël. Mais cette annonce va à contre-courant des recommandations de spécialistes qui préconisaient de nouvelles restrictions face à l'augmentation inquiétante du nombre des nouveaux cas et morts de Covid-19 ces dernières semaines.

Au Japon, les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l'été 2021, ont annoncé que la facture allait augmenter d'au moins 2,1 milliards d'euros, à cause des coûts liés au report et des mesures sanitaires qui seront mises en place pour l'événement.

Moscou commence la vaccination des travailleurs à risque

Septante centres de vaccin ont été ouverts dans la capitale russe, destinés dans un premier temps aux travailleurs sociaux, aux personnels médicaux et aux enseignants. "Les citoyens des principaux groupes à risque qui, en raison de leurs activités professionnelles sont en contact avec beaucoup de personnes peuvent se faire vacciner", ont indiqué les autorités.

La Russie a été un des premiers pays à annoncer le développement d'un vaccin - baptisé Spoutnik V en référence au satellite soviétique - en août, avant même le début des essais cliniques à grande échelle. Le vaccin est actuellement dans la troisième et dernière phase d'essais cliniques auprès de 40.000 volontaires. Ses créateurs ont annoncé le mois dernier un taux d'efficacité de 95%, selon les résultats provisoires. Selon eux, le vaccin sera moins cher et plus facile à stocker et transporter que certains autres.

Le vaccin, administré en deux doses à 21 jours d'intervalle, est à "vecteur viral", utilisant deux adénovirus humains. Il sera gratuit pour les citoyens russes et administré sur une base volontaire. Samedi, les autorités sanitaires ont indiqué que lors de cette première phase de vaccination à Moscou, le vaccin ne serait pas administré aux travailleurs de plus de 60 ans, aux personnes ayant des maladies chroniques, aux femmes enceintes ou allaitant. Ils n'ont pas indiqué quand le traitement serait accessible au grand public. Vendredi, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a annoncé que 5.000 personnes s'étaient inscrites en cinq heures après l'ouverture de l'enregistrement en ligne.

Samedi, la Russie a enregistré 28.782 nouvelles infections en 24h, un nouveau record quotidien, portant le total à 2.431.731 cas depuis le début la pandémie, plaçant le pays à la quatrième place mondiale en nombre de cas. Malgré la hausse des cas, tout nouveau confinement national est pour l'instant exclu afin d'éviter de remettre l'économie à l'arrêt.