Le Luxembourg va fermer ses bars et restaurants jusqu'au 15 décembre

Le Luxembourg a annoncé lundi la fermeture des bars et restaurants ainsi que des lieux culturels et des salles de sport à partir de jeudi et jusqu'au 15 décembre, des mesures anti-virus qui seront entérinées mercredi par le Parlement. "La situation n'est pas catastrophique, mais nous voulons bénéficier d'une marge de manoeuvre, notamment pour assurer normalement les soins hospitaliers à moyen terme", a expliqué le Premier ministre libéral Xavier Bettel. Le gouvernement avait repoussé jusqu'à présent de nouvelles mesures restrictives.

Le nombre de visiteurs à domicile, qui était de quatre personnes extérieures, est ramené à deux. Déjà en vigueur, le couvre-feu de 23h00 à 06h00 restera en place jusqu'à mi-décembre.

"La situation s'est stabilisée à un niveau trop élevé", a regretté la ministre de la Santé Paulette Lenert pour justifier les nouvelles mesures.

Les commerces resteront ouverts dans la mesure où l'on peut "y respecter les gestes barrières et notamment le port du masque" tout comme les bibliothèques, a ajouté Xavier Bettel, qui préfère "abandonner un peu de liberté aujourd'hui pour en avoir davantage dans trois semaines". Les écoles restent également ouvertes, bien qu'un enseignement alternant présentiel et distanciel est appliqué pour les élèves plus âgés.

Avec 1.279 cas de Covid-19 pour 100.000 habitants, le Luxembourg a le taux d'infection sur 14 jours le plus élevé de l'Union européenne.

L'Italie franchit la barre des 50.000 morts

L'Italie, premier pays européen touché par la pandémie de nouveau coronavirus au printemps dernier, a dépassé lundi les 50.000 morts, selon le bilan des autorités sanitaires.

L'Italie a enregistré lundi 630 morts supplémentaires au cours des dernières 24 heures, portant à 50.453 le nombre total de personnes décédées, dont 15.000 depuis le 1er septembre, pour plus de 1,4 million de cas positifs.

Le pic de décès en une seule journée remonte au 27 mars (969), lorsque tout le pays était confiné.

Avec un peu plus de 60 millions d'habitants, l'Italie est le 6e Etat à recenser au moins 50.000 morts, après les Etats-Unis, le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni, selon un décompte de l'AFP.

La péninsule est actuellement divisée en différentes zones en fonction de la situation épidémiologique, allant du rouge au jaune en passant par l'orange.

Si les mesures de restriction adoptées après le répit estival - couvre-feu, fermeture anticipée des bars et restaurants, fermeture des salles de sport, des musées, etc - semblent commencer à porter leurs fruits, le ministre de la Santé Roberto Speranza a prévenu ce week-end: "Ce serait une grave erreur que de baisser la garde".

L'Italie pâtit à la fois de sa démographie, avec une population parmi les plus âgées du monde, et des carences de son système de santé, en particulier dans le sud.

Selon Eurostat, la péninsule affiche l'âge médian le plus élevée de l'Union européenne, à 46,3 ans (statistiques de 2018) contre 43,1 ans dans les 28 Etats membres.

Et la pression sur les unités de soin intensif reste forte depuis la première vague, malgré l'augmentation du nombre de lits, les hôpitaux manquant de personnel qualifié.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé publiés dimanche, l'Italie comptait 34.279 personnes malades de Covid-19 et hospitalisées (+234 sur un jour), ainsi que 3.801 malades supplémentaires en soins intensifs (+43 sur un jour).

Poursuite de la décrue en France

La décrue de l'épidémie de Covid-19 s'est confirmée lundi en France, avec moins de 5.000 nouveaux cas en 24 heures, un chiffre qui est toutefois toujours moins élevé après le weekend, quand moins de tests sont pratiqués, a indiqué Santé publique France.

Avec 4.452 nouveaux cas détectés, c'est la première fois que ce chiffre repasse sous la barre des 5.000 cas quotidiens depuis le 28 septembre. Cet objectif "de 3.000 à 5.000" contaminations quotidiennes avait été fixé comme horizon à atteindre par Emmanuel Macron lors de son interview du 14 octobre, dans laquelle il avait annoncé les premières mesures restrictives face à la deuxième vague (état d'urgence sanitaire, couvre-feu dans huit métropoles).

L'Allemagne va s'endetter plus que prévu en 2021

Le gouvernement allemand a revu à la hausse ses prévisions d'endettement pour 2021, en raison de la seconde vague de Covid-19 qui l'a poussé à prolonger les aides à son économie, selon un document officiel que s'est procuré l'AFP lundi.

Le ministère des Finances prévoit d'emprunter 166 milliards d'euros supplémentaires l'an prochain, soit près de 70 milliards d'euros de plus par rapport à la dernière estimation de septembre.

Cette aggravation du déficit budgétaire fédéral s'explique en grande partie par "la prolongation des aides contre le coronavirus", selon ce document.

La seconde vague de Covid-19 a conduit le gouvernement à prendre en novembre de nouvelles restrictions, fermant notamment bars, hôtels, et lieux culturels et de loisirs pour un mois.

En conséquence, Berlin a décidé de prolonger les dispositifs de chômage partiel et d'aides aux PME jusqu'à l'an prochain, plombant le projet de budget 2021.

La Commission des Finances du Bundestag, chambre basse du Parlement, doit se réunir jeudi pour approuver ce budget.

Il dérogera une nouvelle fois à la sacro-sainte règle du "frein à l'endettement", inscrit dans la Constitution allemande, interdisant au gouvernement fédéral d'emprunter chaque année plus de 0,35% de son PIB.

Berlin avait déjà contracté un montant record de 217,8 milliards d'euros en 2020, en raison de la crise.

Mais de plus en plus de voix se lèvent dans le pays pour appeler à un retour progressif au respect de cette règle.

Les "sages" économiques, un conseil d'expert très influent qui conseille le gouvernement, ont appelé en novembre à préparer dès à présent une "normalisation" des politiques économiques.

Le gouvernement de coalition d'Angela Merkel assure que son objectif est de revenir à ses règles constitutionnelles dès 2022.

Berlin anticipe une récession de 5,5% en 2020, avant une reprise de l'activité de 4,4% en 2021 et de 2,5% en 2022, soit un retour à la dynamique "d'avant crise".