Une opération d'inspection est menée par l'Inami depuis mardi auprès de médecins qui ne suivent pas à la lettre les mesures décrétées dans le contexte de la pandémie et procèdent à des opérations non urgentes, rapporte Het Laatste Nieuws jeudi, qui souligne l'amertume du secteur.

L'email du Service d'évaluation et de contrôle médicaux de l'Inami est mal passé auprès mardi auprès de nombreux médecins et hôpitaux. Dans une missive de deux pages, il leur était demandé de fournir immédiatement des informations sur les opérations qu'ils ont menées entre le 30 mars et le 20 avril, endéans 21h.

L'Inami traque les médecins ou hôpitaux qui abuseraient de la sécurité sociale. Mais, en pleine crise sanitaire, ces contrôles se sont élargis et portent désormais sur les directives relatives aux interventions non urgentes.

Pour Marc Moens, président honoraire de l'Association belge des syndicats médicaux (ABSyM), il est "incroyable que le gouvernement investisse du temps dans ce domaine".

"Un ton accusateur déplacé"

Dans un communiqué, l'ABSyM affirmer s’opposer à la démarche demandée pour deux raisons.

Tout d'abord, "cette demande entraîne un travail administratif colossal pour les directeurs médicaux qui sont déjà surchargés en raison de la pandémie au COVID-19. Pourquoi faut-il leur ajouter une charge de travail supplémentaire d’une tâche administrative totalement imprévue ?".

Ensuite, "cette charge administrative incombe également aux médecins hospitaliers qui, à la demande de leur direction médicale, doivent de toute urgence dresser un inventaire de leurs prestations alors qu’ils ont à peine le temps de faire face à cette situation de crise".

L'ABSyM précise encore que, "depuis le 14 mars dernier, il a été demandé aux hôpitaux de reporter 'les consultations, examens et interventions non essentiels'. La notion de 'non essentiel' n’a jamais été définie par le gouvernement, elle a été laissée à l’appréciation des médecins. Une liste exhaustive de ces prestations n’a jamais été établie non plus".

L'association se demande "sur quelle base les inspecteurs de l’Inami jugeront ce qui est essentiel ou pas (...) Il serait inacceptable qu’un médecin s’expose à des poursuites pour fraude alors qu’il a jugé sa prestation essentielle".

"Le ton accusateur et intimidant de la demande du Service de Contrôle est tout simplement déplacé et contre-productif. Il faudrait, au contraire, saluer brillamment la manière dont les médecins intra et extra-hospitaliers ont mis en danger leur vie et leur santé dans cette lutte contre le Coronavirus", estime encore l'association.