Depuis la semaine passée, les médias belges relaient chaque jour à 11h30 les données du SPF Santé publique sur le nombre de nouveaux cas de coronavirus détectés en Belgique. Alors que l'augmentation doublait de jour en jour au début, la courbe est moins vertigineuse cette semaine. Or, le virologue et épidémiologiste Marc Van Ranst estimait ce matin dans Het Laatste Nieuws que le nombre de personnes infectées dans notre pays est "probablement dix fois plus élevé" que les chiffres annoncés. Comment expliquer cette différence ? L'explication est double.

1) Seuls les cas hospitaliers, dont l'état de santé inquiète dès l'examen, sont testés. Les cas bénins n'entrent donc plus dans les données enregistrées. Et ce, pour éviter un engorgement dans les laboratoires chargés d'analyser les prélèvements.

"Il y a eu ce jour-là un afflux extrêmement important de prélèvements", nous expliquait la semaine passée le responsable du laboratoire de la KU Leuven, Emmanuel André . Ce médecin microbiologiste et membre de l’équipe de référence sur les coronavirus précisait également qu'au sein de son laboratoire, les tests font l'objet d'une hiérarchie. "Quand un échantillon important arrive dans un grand flux de prélèvements, il y a évidemment un effet de bouchon qui se crée. Et ceci est notamment dû au fait qu’un nombre important d’analyses a été demandé chez des gens qui ne le nécessitaient pas. Pour éviter cela, nous avons mis en place un système de triage à l’entrée en laboratoire, où des médecins décident la priorité à donner à chaque échantillon. Et donc, désormais, les échantillons les plus urgents sont traités en priorité et, ensuite, dès qu’on peut, on s’occupe des moins urgents".

Cela signifie que certains échantillons sont toujours en attente d'analyse. D'autant que le laboratoire de la KU Leuven reste encore le seul à pouvoir confirmer les tests réalisés dans les autres laboratoires du pays.


2) Nous faisons face à une sous-estimation du nombre de cas puisque des porteurs du virus peuvent être asymptomatiques. Ces individus ne développent aucun symptôme, ils ne sont donc pas mis en quarantaine, alors qu'ils sont contagieux et peuvent dès lors transmettre le virus autour d'eux. Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé publique, l'a d'ailleurs expliqué lors de la conférence de presse du Conseil national de sécurité ce mardi.

Il importe cependant de préciser que ces cas asymptomatiques sont moins "à risque" que les patients malades puisque la contagiosité est liée à la quantité de virus.

Les scientifiques estiment qu’une personne portant le SRAS Covid-19 (qu'elle soit asymptomatique ou non) contamine entre deux et trois personnes autour d’elle en moyenne.

Des mesures de prudence indispensables

Même si les taux de contagiosité et de létalité du SRAS Covid-19 sont plus faibles que pour d'autres virus, le coronavirus est loin d'être inoffensif car les citoyens n'ont pas encore produit d’anticorps et qu'aucun vaccin n'existe à ce jour.

Des mesures de prudence doivent donc être prises pour éviter toute contamination, comme éviter tout contact physique, se laver les mains régulièrement, jeter son mouchoir dans une poubelle fermée après usage, tousser dans son coude ou dans un mouchoir, garder une distance suffisante lorsqu'on discute de visu avec un interlocuteur, éviter les lieux fort fréquentés, ou encore contacter le numéro 0800 14 689 en cas de doute.