L'actuelle épidémie de coronavirus qui sévit à travers le monde n'est pas la première du genre. En 2002, une autre épidémie du même type s'était déclarée, principalement en Asie, et avait contaminé plus de 8000 personnes. Mais quelles sont les différences avec l'actuelle pandémie de Covid-19 ?

En novembre 2002, une épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) liée au coronavirus avait débuté à Hong Kong et s'était répandue en Asie ainsi que dans une trentaine d'autres pays. De la même famille que l'actuel SARS-CoV-2 qui frappe actuellement le monde, cette maladie avait occasionné plus de 8000 cas et 774 décès à travers le globe. Bien que plus létal que le Covid-19, le SRAS de 2002 était pourtant beaucoup moins infectieux à en croire les spécialistes.

Une contamination plus large

Selon les dernières informations, 155 pays seraient touchés par l'épidémie du nouveau coronavirus qui a débuté à Wuhan en décembre 2019. On est bien loin des 29 pays concernés pas l'épidémie de SRAS de 2002. Une contamination limitée qui s'explique tout d'abord par l'infectiosité du nouveau virus. " L’épidémie de Sras en 2002 a également démarré en Chine comme c’est le cas pour la pandémie actuelle, mais n’a touché que quelques pays et a été beaucoup plus limitée en nombre de cas. Cela est lié au fait que, pour le SRAS de 2002, les personnes étaient principalement infectieuses lorsqu’elles étaient malades elles-mêmes", explique Marius Gilbert, épidémiologiste à l'ULB.

"Même si ce nouveau coronavirus est moins létal que le SRAS de 2002, il se transmet beaucoup plus facilement, car les personnes atteintes du Covid-19 peuvent être contagieuses avant de présenter les premiers symptômes", continue l'épidémiologiste. "On considère actuellement qu’il y a une contagiosité dans les 24 heures qui précèdent les premiers symptômes. Les personnes peuvent donc contaminer leur entourage avant même d’être conscientes qu’elles sont malades. C’est pour cela que la lutte contre cette épidémie est aussi compliquée", conclut-il.

Un taux de mortalité moins élevé

Cependant, l'actuelle pandémie dispose pour l'instant d'un taux de mortalité inférieur à l'épidémie qui avait débuté à Hong Kong en 2002. Il est en dessous des 3% à l'échelle mondiale, bien qu'il varie d'un pays à l'autre, allant de 2% pour la Belgique à par exemple 7% pour l'Italie. En 2002, le SRAS avait tué plus de 770 personnes sur plus de 8000 cas, soit un taux de mortalité d'à peu près 10% à travers le monde.