Toute personne présentant des symptômes de la grippe doit subir un test de dépistage du coronavirus, estime le professeur Herman Goossens de l'université d'Anvers (UAntwerp), interrogé par VTM. Selon lui, un dépistage élargi est nécessaire, pas seulement en Belgique, afin de contenir l'épidémie.

Selon le professeur, qui coordonne le comité 'PREPARE Outbreak Mode' financé par la Commission européenne, des critères trop stricts sont actuellement utilisés pour tester les personnes pour le coronavirus. "Ce qui signifie que nous ne détecterons pas une série de personnes infectées", explique-t-il. "Je suis plus enclin, comme aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Italie par exemple, à également dépister les personnes présentant des symptômes respiratoires qui se font tester pour le virus de la grippe."

Le Pr. Goossens a souligné que le deuxième cas de contamination en Belgique, annoncé dimanche, a été détecté grâce à des tests plus larges. "En cas d'application stricte, la patiente ne répondait pas aux critères en vigueur pour procéder au dépistage du coronavirus. J'avais décidé cette semaine de ne plus appliquer ces critères et d'effectuer des dépistages selon des normes plus larges. Grace à cela, la patiente a pu être correctement diagnostiquée."

Selon lui, un dépistage plus large est réalisable. Il a fait référence à l'Italie, où, selon lui, près de 100.000 tests ont été effectués. Mais pour cela, il n'est pas possible de travailler avec quelques laboratoires de référence uniquement. Il est nécessaire de pouvoir les effectuer dans de nouveaux labos et en renforçant les capacités des laboratoires, par exemple dans les hôpitaux.

L'OMS appelle à se doter d'appareils d'assistance respiratoire

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pressé dimanche les pays à travers le monde à s'approvisionner en dispositifs médicaux d'assistance respiratoire pour faire face à l'épidémie de nouveau coronavirus.

"Tous les pays devraient s'équiper en oxymètre de pouls et en appareils d'assistance respiratoire", a averti l'OMS, estimant qu'il s'agissait d'un "outil important pour le traitement des patients atteints de la forme sévère de Covid-19".

Près de 3.000 personnes sont mortes et plus de 88.000 contaminées par la maladie dans près de 60 pays, depuis que le nouveau virus a été détecté pour la première fois fin 2019 dans la ville de chinoise de Wuhan (centre).

L'OMS met en avant le fait que le virus frappe particulièrement les personnes de plus de 60 ans, et celles déjà affaiblies par d'autres maladies.

Parmi les 45.000 personnes testées positives au nouveau coronavirus en Chine jusqu'au 24 février, seules 2,1% avaient moins de 20 ans, précise l'OMS.

Par ailleurs, l'agence des Nations unies rappelle que les symptômes sont bénins pour la plupart des malades, sérieux (pneumonies) pour 14% d'entre eux, et que 5% des personnes atteintes se trouvent dans un état critique.

Le taux de mortalité semble être de 2 à 5 %.

L'OMS signale que le taux de mortalité parmi les patients dans un état critique s'élève à plus de 50%, et met en exergue le fait que des "interventions rapides, comme la protection pulmonaire via des stratégies ventilatoires, devraient être optimisées".