Le phénomène est particulièrement visible en Afrique subsaharienne, et en particulier dans la bande du Sahel. La malnutrition est la principale cause d'immunodéficience dans le monde, ce qui accroît la vulnérabilité aux infections. "On suppose (donc) qu'il existe un lien entre la malnutrition et le covid-19, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires", affirme le Dr. José L. Peñalvo, chef de l'unité des maladies non transmissibles à l'IMT.

Avec sa collègue chercheuse, le Dr. Elly Mertens, ils ont utilisé les estimations de la charge mondiale de morbidité 2019 et d'autres données en open source. "Nous avons identifié les pays souffrant de malnutrition sur la base de quatre indicateurs : les taux de mortalité liés aux défauts de croissance des enfants, tels que le retard de croissance et l'émaciation, les années vécues avec un handicap dû à l'obésité et les carences en fer et en vitamine A. Nous avons ensuite comparé ces données de 172 pays avec le nombre de décès causés par le covid-19", explique le Dr. Mertens. "Nous avons également pris en compte d'autres facteurs liés à la mortalité du Covid-19, de sorte que nos résultats sont axés sur la malnutrition."

Forts de ces constats, les chercheurs ont pu établir une corrélation entre la malnutrition et les décès dus au coronavirus. "Les pays qui se classent en tête pour au moins trois indicateurs de malnutrition présentent des taux accrus de covid-19 mortel. Les pays d'Afrique subsaharienne, en particulier l'Angola, le Burkina Faso, le Tchad, le Liberia, le Mali, le Niger, le Soudan et la Tanzanie, ainsi que le Yémen et la Guyane, sont vulnérables", relève le Dr. Peñalvo.

Dès lors, "la sécurité alimentaire, la bonne nutrition et la protection sociale devraient être une priorité pour les plans d'intervention covid-19 dans ces pays", ponctue-t-il.