Plus tôt dans la journée, Bolt, légende du sprint avec ses huit titres olympiques et onze titres mondiaux, avait annoncé qu'il s'était mis en quarantaine en attendant le résultat d'un test effectué samedi, au lendemain d'une fête pour célébrer son 34e anniversaire. "Je ne présente aucun symptôme", a rassuré sur Instagram l'ancien coureur jamaïcain depuis Kingston. Bolt explique cependant avoir décidé de se placer en quarantaine après s'être rendu à une fête vendredi dont les participants ne respectaient pas les gestes barrière, selon le média Jamaica Gleaner.

"J'ai fait un test samedi pour quitter (la Jamaïque) parce que j'ai un travail à faire. J'essaie d'être responsable", a fait savoir le sportif de 34 ans.

La déclaration d'Usain Bolt a coïncidé lundi avec l'annonce par des chercheurs de Hong Kong de la découverte d'un premier cas avéré au monde de réinfection par le Covid-19.

"Les patients qui ont déjà eu le Covid-19 doivent avoir en tête qu'ils peuvent être infectés à nouveau et doivent respecter la distanciation physique, porter le masque et se laver les mains", a déclaré à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, Kelvin Kai-Wang To.

Si la nouvelle semble inquiétante en l'absence de vaccin, les spécialistes mettent toutefois en garde contre des conclusions hâtives en matière d'immunité.

En attendant, le virus poursuit ses ravages sur tous les continents avec un bilan global de plus de 810.000 décès lundi soir. Et il continue de plomber les économies et de semer le chaos dans d'innombrables événements et rendez-vous, qu'ils soient sportifs, politiques, culturels ou religieux.

Plus de 90.000 emplois ont été supprimés ou risquent de l'être dans le seul secteur du voyage britannique en raison de l'impact du virus, selon l'association des agents de voyage Abta.

Quant à l'économie sud-africaine, elle devrait mettre cinq ans pour se relever de la récession annoncée en 2020, a averti lundi l'ONU, qui redoute aussi une forte hausse de la pauvreté et des inégalités.

Plus inattendu, la pandémie a contribué à réduire le risque d'attentats dans les pays les plus stables, selon un responsable de l'ONU. La menace s'est en revanche accrue dans les zones de conflit comme l'Irak et la Syrie, victimes de "regroupement et (d)’intensification des activités" du groupe Etat islamique.

"Hub" en Sardaigne

Au Pérou, le seuil des 600.000 contaminations a été franchi lundi et 150 personnes y ont succombé au cours des 24 dernières heures. De son côté le Brésil a comptabilisé lundi 565 victimes de plus que la veille, soit plus de 115.300 décès à ce stade.

Chaque jour apporte aussi son lot de nouvelles restrictions, les gouvernements voulant à tout prix essayer d'endiguer les contaminations pour éviter un reconfinement généralisé de leurs populations.

Aux Pays-Bas, les hospitalisations et décès sont à la hausse. Trente-deux personnes ont succombé au covid-19 aux Pays-Bas au cours des sept derniers jours, soit deux fois plus que sur la période de sept jours précédente. Le nombre d'hospitalisations est également en hausse, d'après le dernier rapport de l'Institut national de la santé publique et de l'environnement (RIVM). Les hôpitaux ont signalé 84 nouvelles entrées de patients, soit 34 de plus que lors de la précédente semaine.

Le nombre de contaminations détectées est par contre en baisse. Il s'élevait à 3.588 la semaine dernière, soit 425 de moins que la semaine précédente.

L'Allemagne a ainsi placé les régions françaises d'Ile-de-France, avec Paris, et Provence-Alpes-Côte-d'Azur en zones à risque en raison du nombre élevé de cas d'infections.

Le ministère des Affaires étrangères met en garde sur son site internet contre "les voyages touristiques, non indispensables" à destination de ces régions très touristiques, ce qui signifie que les voyageurs revenant en Allemagne devront se soumettre à un test de dépistage et observer une quarantaine dans l'attente du résultat.

De son côté l'Espagne, qui a dépassé lundi la barre des 400.000 cas diagnostiqués, envisage des "mesures drastiques" dans sa capitale Madrid, par exemple des confinements ponctuels ou des limitations à la mobilité de la population, a indiqué Fernando Simón, directeur du centre des urgences sanitaire au ministère de la Santé.

En Italie, l'île de Sardaigne, destination très prisée pour sa "Côte d'émeraude", s'est transformée cet été en une sorte de "hub" de facto pour le virus. Cela implique le risque que la maladie se diffuse sur tout le territoire lorsque les plus de 250.000 vacanciers qui s'y trouvent encore rentreront chez eux dans les prochains jours.

Les Etats-Unis demeurent de loin le pays le plus touché au monde avec 883 nouveaux décès et près de 72.000 nouvelles infections depuis la veille.

Le président Donald Trump, en campagne pour un second mandat et en délicatesse dans les sondages en raison notamment de sa mauvaise gestion de la crise sanitaire, a accusé lundi ses adversaires démocrates d'"utiliser le Covid pour voler l'élection". La veille, son rival Joe Biden lui avait reproché de "prendre la tangente" en pleine crise.

L'épidémie de coronavirus a réveillé un drame que le Chili croyait avoir éradiqué : la faim. Pour tenter d'y remédier, les soupes populaires se sont multipliées et des restaurants, parfois réputés, ont rallumé leurs fourneaux pour préparer des repas solidaires.

A Lo Hermida, dans l'est de l'agglomération de Santiago neuf femmes se sont réunies sous le nom "Les guerrières" pour lancer une soupe populaire qui livre 175 repas par jour à des habitants frappés par la faim mais aussi par le coronavirus, qui a touché de plein fouet ce quartier populaire de la commune de Peñalolén.

"Je n'aurais jamais pensé que ce serait si nécessaire ici", confie à l'AFP Ruth Lagos, qui se dit surprise par les carences révélées par la pandémie dans ce quartier de 240.000 habitants. Ici, des familles qui avaient réussi à sortir de la pauvreté avec des emplois précaires ont basculé en raison des restrictions sanitaires.

À Séoul, les écoles referment leurs portes

Les écoles de la capitale coréenne Séoul vont à nouveau fermer leurs portes, trois mois après les avoir rouvertes, alors que le nombre de contaminations augmente rapidement dans la région, a annoncé mardi le ministre de l'Enseignement. A l'exception des élèves de rhéto, qui préparent leurs examens finaux, tous les élèves vont retrouver les cours en ligne, après que 193 élèves et enseignants ont été testés positifs au nouveau coronavirus dans la région de Séoul.

Les crèches et écoles maternelles et primaires sont également fermées.