Les campagnes de vaccination en Europe sont « d’une lenteur inacceptable », a dénoncé jeudi le patron européen de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le médecin belge Hans Kluge, qui s’inquiète d’une hausse groupée des contaminations au Covid-19 en Europe alors qu’ailleurs, là où les vaccinations ont atteint leur vitesse de croisière, c’est le contraire qui se produit.

« Soyons clairs, nous devons accélérer le processus en faisant monter en puissance la production, en réduisant les barrières dans l’administration de ces vaccins et en utilisant la moindre dose que nous avons en stock, maintenant », a-t-il dit.

Selon l'OMS, "le rythme lent de la vaccination prolonge la pandémie".

L’OMS ne se prononce pas sur les causes du retard pris par l’Europe, déjà débattues au sein du Conseil européen, mais fait un constat. L’Europe a enregistré la semaine dernière 1,6 million de nouvelles contaminations et près de 24 000 morts, alors qu’il y a cinq semaines, le nombre des contaminations était descendu à moins d’un million de cas.

Le variant britannique est désormais prédominant dans la région Europe, qui pour l’OMS, inclut la Russie et plusieurs pays d’Asie centrale. L’OMS s’inquiète de la « mobilité » et des « rassemblements » que risquent de provoquer les « vacances religieuses ». Pâques est célébré ce dimanche 4 avril. Le Ramadan débute le lundi 12 ou le mardi 13 avril.

Des signes encourageants

Les contaminations augmentent dans toutes les catégories d’âge, sauf chez les plus de 85 ans où la mortalité baisse également, ce qui sont des « signes précoces " des effets positifs de la vaccination. L’OMS observe que la tendance s’accentue dans un pays comme le Royaume-Uni, où la campagne a démarré plus tôt. Selon le service de santé britannique, plus de 6 000 vies ont été épargnées chez les plus de 70 ans depuis décembre 2020.

Les graphiques fournis par Our World in Data montrent bien les effets positifs. Les pays où la vaccination a avancé plus vite qu’ailleurs (Israël, Royaume-Uni, États-Unis, Chili, Émirats arabes unis…) voient le nombre de contaminations baisser, tandis qu’en Europe, il grimpe. La population qui a reçu au moins une première dose de vaccin est de 60% en Israël, de 45% au Royaume-Uni, de 30% aux États-Unis tandis que les pays de l’UE, à part quelques exceptions comme Malte, font un tir groupé aux alentours de 10-11%.

© OUR WORLD IN DATA

Un "faux sentiment de sécurité"

« Le risque que la vaccination en cours fournisse un faux sentiment de sécurité aux autorités et à la population est considérable – et cela entraîne un danger », ajoute Hans Kluge, dans un communiqué.

Pour contrer cette troisième vague de la pandémie, et défaut de pouvoir vacciner plus vite, 27 pays de la région Europe sont en confinement partiel ou total, avec 21 pays qui imposent aussi un couvre-feu. Mais les pays réagissent de manière non-coordonnée : 23 pays ont ces deux dernières semaines intensifié les restrictions tandis que 13 ont allégé celles-ci. Le message du Dr Kluge est à ce propos clair : « Ce n’est pas le moment d’alléger les mesures ».