De plus en plus d'études pointent l'inefficacité, et même la potentielle dangerosité, de la chloroquine dans le traitement du coronavirus. Au départ du côté des défenseurs de ce médicament, Ségolène Royal semble maintenant s'être ravisée.

À la recherche d'un traitement contre le Covid-19, les scientifiques se sont assez rapidement penchés sur la chloroquine, utilisée normalement pour soigner le paludisme. Mais après avoir réalisé des recherches approfondies, certains experts ont fait part de leur scepticisme quant à son efficacité. Une nouvelle étude, parue le 22 mai et menée auprès de 96.000 patients à travers le monde, affirme d'ailleurs que la chloroquine serait inefficace sur les patients atteints du coronavirus, et qu'elle pourrait même augmenter le risque de décès et d'arythmie cardiaque, notamment sur les personnes contaminées souffrant déjà de problèmes de coeur.

Les résultats de cette étude, ne soutenant donc pas le recours à la chloroquine pour traiter le Covid-19, semblent avoir fait changer l'avis de Ségolène Royal sur la question. Sur Twitter, fin mars, l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement avait prôné l'utilisation de la chloroquine. "Pourquoi encore toutes ces hésitations bureaucratiques incompréhensibles? Appliquons le principe de l'utilisation de la meilleure solution connue confirmée par des spécialistes incontestables. #chloroquine", avait notamment écrit Ségolène Royal sur le réseau social. Elle avait aussi apporté son soutien au très médiatique professeur marseillais Didier Raoult, qui défend largement le traitement à la chloroquine.

Aujourd'hui, les tweets de Ségolène Royal ont été supprimés, rapporte le compte Twitter "Fallait pas supprimer", qui avait enregistré les posts et les a de nouveau publiés.


Sur Radio Classique, ce lundi matin, Ségolène Royal a affirmé qu'elle assumait cette suppression de messages : "J'assume complètement. Ce fait plus d'une semaine, une dizaine de jours, je crois (...) Je continue à soutenir, non pas le médicament en tant que tel parce que je ne suis pas médecin, mais la façon dont ce médecin a été traité (...) Et régulièrement je mets mon compte Twitter à jour en supprimant des tweets qui correspondent à des sujets d'actualité très précis. Je laisse les tweets et les réflexions de fond qui sont durables. Ca ne me dérangerait absolument pas d'en refaire s'il y a des polémiques et des agressions contre ce médecin (NdlR : Didier Raoult) qui a la liberté".