Une vaste étude médicale espagnole publiée lundi indique que l'immunité collective au coronavirus est loin d'être atteinte et que les mesures de distance sociale restent la meilleure approche pour gérer la pandémie.

Seuls 5% des 61.000 participants à l'étude ont développé les anticorps à même de combattre la maladie, selon les recherches, financées en partie par le ministère de la Santé et publiées dans le journal The Lancet. L'étude démontre aussi qu'environ un tiers des participants qui avaient contracté le virus restaient asymptomatiques, ce qui, selon les auteurs, présente "d'importantes implications pour la santé publique". "A présent, l'immunité collective est difficile à atteindre sans accepter les dégâts collatéraux: de nombreux décès parmi les populations à risque et la saturation des systèmes de santé", pointent encore les chercheurs. 

L'immunité collective est atteinte quand assez de personnes dans la population ont été infectées par un virus ou une bactérie, ou vaccinés contre, pour stopper sa circulation. L'étude met l'accent sur la nécessité de maintenir les mesures de distance sociale et de continuer les efforts pour identifier et isoler les nouveaux cas de Covid-19 et leurs contacts. Les auteurs signalent aussi qu'il n'est pas encore établi si une personne qui a été infectée mais qui n'a pas développé d'anticorps peut être recontaminée. La recherche a été entamée en avril, lorsque l'Espagne restait confinée. Le pays a été une des nations les plus fortement frappées par la pandémie, avec plus de 28.000 morts et 250.000 cas. Le pays est à nouveau accessible aux touristes, mais a replacé en confinement certaines régions.