Santé

L'autorité néerlandaise sanitaire (Nederlandse Voedsel en Warenautoriteit - NVWA) n'aurait pas dû avertir plus rapidement les éleveurs de poulet de la contamination des oeufs par le fipronil, un insecticide, en 2016 et 2017, a jugé mercredi un tribunal de La Haye. L'organisation agricole néerlandaise LTO avait engagé une procédure civile avec 124 éleveurs de volaille contre l'équivalent local de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Les agriculteurs espéraient de la sorte obtenir réparation des dommages subis il y a deux ans à la suite de la crise du fipronil.

Nombre d'entre eux avaient fait appel à la société ChickFriend pour traiter leurs installations contre le pou rouge. Il est ensuite apparu que cette entreprise avait utilisé l'insecticide en question dans ce but. L'autorité sanitaire le savait déjà depuis 2016 mais n'avait pas émis d'avertissement dans un premier temps. Cela n'a finalement eu lieu qu'à l'été 2017, après une intervention de l'Afsca.

Le juge néerlandais a estimé mercredi que la NVWA avait suffisamment agi en 2016 en lançant déjà une enquête judiciaire. Si elle avait effectivement mis en garde les agriculteurs contre l'utilisation présumée du fipronil, cela aurait nui à l'enquête criminelle, poursuit-il.

Le tribunal a également déclaré que les producteurs de poulet avaient eux-mêmes la responsabilité de vérifier quels produits étaient utilisés dans leurs étables. De plus, la NVWA ne peut pas être jugée à la mesure de la crise du fipronil. "A cette époque, il n'était pas prévisible qu'il y aurait une violation d'une ampleur telle qu'elle a été révélée par la suite", ont estimé les juges.

Des centaines de fermes avicoles avaient dû être temporairement fermées aux Pays-Bas en 2017 après la découverte de fipronil dans les œufs. Des dizaines d'installations avaient aussi subi le même sort en Belgique.

Les dommages causés aux agriculteurs néerlandais sont estimés à entre 65 et 75 millions d'euros, dont 35 à 45 millions d'euros pour les aviculteurs.