Ce jeudi, le nombre de personnes hospitalisées est passé sous la barre symbolique des 1000 dans notre pays. Les hôpitaux accueillent à présent 937 patients contaminés, dont 187 en soins intensifs, soit une diminution de 22 patients sur le dernier jour. Les nouvelles hospitalisations connaissent une baisse de 3 % par jour sur la moyenne de la dernière semaine, avec 27 patients hospitalisés jeudi. Notre pays a aussi enregistré 42 décès de plus, bien que la baisse soit de l’ordre de 3 % par jour. Quant aux nouvelles contaminations, elles sont de 212. Du côté des indicateurs précoces, le nombre de consultations chez les généralistes pour symptômes grippaux reste stable à 78 unités pour 100 000 habitants.

Trois scénarios sur la table

Au moment du déconfinement, différents scénarios étaient possibles : résurgence, stabilisation ou poursuite de la baisse de l’épidémie : "Un certain nombre d’entre nous s’attendait à avoir un certain nombre de vaguelettes, de petites augmentations, voire - on ne le pensait pas trop - une grande vague comme en mars, analyse le porte-parole Yves Van Laethem. Or là, nous sommes devant une évolution très calme. Les différents indicateurs sont très positifs. La situation est bonne, même peut-être un peu meilleure que ce que nous avions prévu. L’évolution, elle, va dépendre en grande partie du comportement des citoyens. Ce que nous avons maintenant ne préjuge pas des semaines qui viennent."

"La population est responsable et prudente"

Jeudi, l’épidémiologiste Yves Coppieters s’inquiétait sur la RTBF de la rapidité à laquelle les mesures de déconfinement s’enchaînent, ne permettant pas selon lui d’évaluer l’impact des assouplissements, et estimant qu’on agissait maintenant comme si le virus et le danger avaient disparu. "Les mesures de déconfinement ne sont pas trop rapides, répond Yves Van Laethem. Nous avons un recul de 17 jours par rapport à la phase 1B et de 10 jours par rapport à la phase 2 sans que les indicateurs n’aient évolué. Rien ne nous indique actuellement que les mesures de déconfinement vont trop vite". Pour son collègue Steven Van Gucht, les autorités réduisent les mesures de manière progressive et prudente. Et les citoyens ajustent leurs comportements petit à petit, alors que les mesures sont déjà assouplies depuis un petit temps. "On voit cela avec la hausse progressive de la circulation. Les gens ne se sont pas rués à la mer ou dans les magasins. Ils se comportent de manière responsable et prudente. Cela donne confiance pour le futur et pour les assouplissements futurs des mesures." En effet, après les écoles, on parle à présent de l’aménagement de la bulle de 4 personnes, des restaurants… "Il y a 15 jours, j’aurais été plus circonspect, admet l’épidémiologiste Raphaël Lagasse. Dans la communauté scientifique, on est plutôt surpris de la façon dont ça se passe bien. Puisque les chiffres sont au vert et ne nous contredisent pas, on se dit : poursuivons ce mouvement de déconfinement. D’autant que celui-ci a aussi des effets néfastes, éventuellement sur le long terme. Par ailleurs, le nombre de malades (que reflète le nombre d’hospitalisations) diminuant, il y a moins de risques d’en croiser qu’avant le confinement. Et si en plus, la personne porte un masque et vous aussi, ce qui n’était pas le cas il y a deux mois, le risque est diminué d’autant. On peut penser que ces comportements qui ont évolué suite aux conseils et mesures prises entraînent une diminution de la transmission du virus."