Une étude publiée dans la revue Nature Medecine et relayée par Radio-Canada rappelle que deux substances sont associées à la maladie d’Alzheimer dans le cerveau : la protéine bêta amyloïde et la protéine tau.

Dans le premier cas, des protéines bêta amyloïdes s'associent et forment des plaques qui bloquent le transfert de signaux entre les neurones, ce qui entraîne la mort des cellules cérébrales. Dans le second, les protéines tau s’enroulent et forment des confusions qui empêchent les nutriments d’atteindre les neurones, ce qui entraîne également la mort des cellules.

La récente étude - rendue possible par la collaboration entre des équipes en Suède, au Canada, aux États-Unis et en Corée - démontre que la protéine tau se répand de quatre manières. Jacob Vogel de l'Institut-hôpital neurologique de Montréal, est un des chercheurs de cette collaboration internationale. Dans un communiqué, il admet que ces "travaux montrent qu’Alzheimer est une maladie encore plus hétérogène qu'on ne le pensait auparavant."

Ces accumulations de protéines tau dans le cerveau sont observables depuis plusieurs années grâce aux avancées des technologies d'imagerie médicale. Ces dernières ont permis de suivre chez 1 143 personnes (l'étude portait sur des participants qui n'avaient encore développé aucun symptôme, sur des participants présentant des troubles légers de la mémoire et sur des participants présentant une démence complète) l'évolution de quatre trajectoires spatio-temporelles différentes de la maladie associée à la protéine tau, dont la prévalence varie entre 18% et 33%.

Oskar Hansson, un des chercheurs en charge de l'étude, confirme que "quatre modèles clairs de pathologie tau se sont distingués au fil du temps. La prévalence des sous-groupes varie entre 18 % et 30 %, ce qui signifie que toutes ces variations de la maladie d'Alzheimer sont en fait assez courantes et qu'aucune ne domine comme nous le pensions auparavant."

Les quatre sous-types

  1. La protéine tau se répand surtout dans le lobe temporal et frappe particulièrement la mémoire (33 % des cas).
  2. La protéine tau se propage dans le reste du cortex cérébral. La personne souffre moins de problèmes de mémoire que dans le premier cas, mais a par contre plus de difficultés à planifier et à réaliser une action (18 % des cas).
  3. L'accumulation de la protéine a lieu dans le cortex visuel, la partie du cerveau où les informations provenant du nerf optique sont traitées. Dans ce cas-là, les personnes ont des difficultés à s'orienter, à distinguer les formes et les contours, le mouvement et l'emplacement des objets par rapport à d'autres objets, rapporte encore Radio-Canada (30 % des cas).
  4. Dans le dernier cas, la protéine tau se propage de manière asymétrique dans l'hémisphère gauche et frappe principalement la capacité de langage (19 % des cas).

"Etant donné que les différentes régions du cerveau sont frappées différemment dans les quatre sous-types de la maladie d'Alzheimer, les patients développent des symptômes et présentent des pronostics différents, ajoute Oskar Hansson. Cette connaissance est importante pour les médecins qui évaluent les patients atteints de la maladie, et elle nous amène également à nous demander si les quatre sous-types pourraient répondre différemment à différents traitements." Cette découverte pourrait, un jour, permettre des traitements plus individualisés pour les personnes souffrant de cette maladie.