Devant le manque de masques anti-projection, une série d'acteurs bruxellois constituent une ligne de production soutenue par la Région. Une initiative pour laquelle les porteurs du projet sollicitent un soutien de main d’œuvre bénévole.

Face à la pénurie de masques de protection, la Région bruxelloise s’est mise en branle en soutenant un projet de production locale et participative porté par une série d’acteurs bruxellois. Emmanuel Mossay, spécialiste de l’économie circulaire pour EcoRes, est à la base de cette initiative citoyenne. Dans son sillage, il a emporté un consortium d’entreprises (TRAVIE-EcoREs-MAD, en partenariat avec l’Institut Jeanne Toussaint - Arts & Métiers / Section Habillement , Dutra, Urbike et Be Connected) et de citoyens bénévoles.

Une chaîne de production a ainsi vu le jour selon une approche décentralisée collaborative : elle commence dans l’entreprise de travail adapté TRAVIE, où les travailleurs prédécoupent les tissus. Dès lundi après-midi, les kits individuels permettant de confectionner une cinquantaine de masques chacun seront acheminés par les coursiers à vélo de Urbike vers des couturiers bénévoles bruxellois. En temps de confinement, « les bénévoles mettent leur temps à profit et canalisent leur énergie », motive le coordinateur du projet « Masques-coronavirus.brussels ».

« Les premiers masques devraient être récupérés par Urbike mardi soir », poursuit Emmanuel Mossay. S’en suivra un contrôle qualité et une dernière stérilisation avant d’être distribués en priorité aux « maisons de repos, au secteur du sans-abrisme et des services d’aide et de soins à domicile pour protéger les personnes asymptomatiques et réduire la transmission », explique le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Ecolo).

« Cette structure agile permet de respecter les mesures sanitaires prises par le gouvernement et de démultiplier le nombre de personnes pouvant produire des masques », croit Emmanuel Mossay. Samedi matin, ils étaient 888 inscrits. L’objectif est de produire 100.000 masques nettoyables et réutilisables en un minimum de temps.

La perspective d’une économie relocalisée

« Cela permet de reprendre la main sur la production et d’éviter toute dépendance », motive encore Emmanuel Mossay. Il vente la perspective d’une économie circulaire et relocalisée, avec toute la résilience que ce modèle apporte.

Le son de cloche est le même auprès de Barbara Trachte, Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la Transition économique : « En soutenant cette initiative, nous répondons aux besoins en termes de masques, mais nous envoyons également un premier signal fort au niveau du redéploiement économique qu’il s’agira de mettre en place dès que la crise sera terminée. En effet, produire localement pour des besoins locaux est non seulement indispensable pour l’environnement et l’économie, mais c’est aussi vital en cas de crise, lorsque les ateliers de production massifs à l’autre bout de la planète ne sont soudain plus en mesure de répondre à nos besoins essentiels. »

« La priorité, c’est de répondre à la demande urgente. Mais il est clair qu’additionnellement, cette expérience est un cas d’école qui sera riche d’enseignements pour le futur », ponctue Philippe Lovens, cofondateur de la coopérative Urbike.

Pour assurer cette production dans les plus brefs délais et répondre à la demande des secteurs, l’aide de volontaires à domicile est sollicitée. Le recrutement sera établi exclusivement via le Call Center aux numéros : FR : 02/519.22.85. NL : 02/519.22.86. Du lundi au samedi de 08h30 à 21h.