Si l’épidémie actuelle de coronavirus Covid-19 inquiète bon nombre d'entre nous, il existe bien quelques raisons qui laissent place à l’optimisme. Voici donc dix nouvelles encourageantes.

Grilles fermées, rideaux tirés. Comme en Italie ou en France, notre pays a pris des dispositions draconiennes pour tenter d'endiguer la pandémie de coronavirus. Et bien que la progression de l’épidémie reste préoccupante, des motifs d’espoir existent. Nous faisons le tour de toutes ces nouvelles "rassurantes" avec Simon Dellicour, épidémiologiste et chercheur à l'ULB. Parce-qu'elles existent.

1. Plus de 10 personnes quittent l'hôpital chaque jour

D'après le dernier rapport communiqué par Sciensano, quelques statistiques permettent quand même de se montrer optimiste pour la suite. "En effet, en s'y penchant de plus près on constate que plus de 10 personnes qui étaient atteintes par le Covid-19 sortent des soins chaque jour depuis dimanche. Ce sont des patients qui étaient hospitalisés ou pas d'ailleurs. C'est encourageant pour la suite", note Simon Dellicour.

Et actuellement, 496 patients sont hospitalisés (135 de plus en 24 heures), 100 personnes se trouvent aux soins intensifs (21 de plus que mardi). 31 personnes ont pu quitter l'hôpital. Nous comptons désormais 14 décès. La plus jeune personne décédée avait 59 ans.

2. Un Institut flamand de recherche annonce avoir développé un anticorps capable de neutraliser le virus

L'Institut flamand de recherche en biotechnologie (VIB) a annoncé la découverte d'un anticorps capable de neutraliser le virus à l'origine du covid-19. Des recherches supplémentaires sont toutefois encore nécessaires pour confirmer les résultats.

Les chercheurs annoncent avoir établi que l'anticorps peut neutraliser une variante de laboratoire du virus, "ce qui constitue une avancée importante dans le développement d'un éventuel médicament antiviral contre le nouveau coronavirus." Selon le laboratoire, "les nouveaux résultats indiquent que l'anticorps pourrait empêcher le nouveau coronavirus d'infecter les cellules humaines." De plus, il pourrait également "être produit à grande échelle en utilisant des procédés de production courants dans l'industrie biopharmaceutique".

Des expériences permettant la confirmation de ces résultats à l'aide de la souche de coronavirus pathogène sont actuellement en cours et les chercheurs du VIB préparent également la phase de test préclinique pour un traitement contre les coronavirus.

3. Un virologue namurois a trouvé le moyen de multiplier les tests à l’infini

Le professeur Benoît Muylkens, virologue à l’Université de Namur, ressuscite une technique ancienne – issue de la chimie de base – pour détecter le Covid-19. Il met la technique à disposition de la planète scientifique. "Ils ont développé un test alternatif avec une très ancienne méthode d'amplification afin de d'augmenter le nombre de tests, ce qui est génial ! On va pouvoir faire plus de 400 tests par jour et ce sans aucun réactif. Cela montre l'efficacité de la recherche, des gens sont prêts à se mobiliser partout dans le monde et c'est une très bonne nouvelle pour la suite", confie l'épidémiologiste de l'ULB.

La méthode d’analyse mise au point à Namur repose sur une technique d’extraction d’ARN (L’information génétique du virus, NDLR) remontant à 1987 et nécessitant peu de matériel : un produit chimique spécifique, une hotte à aspiration et une centrifugeuse. Reste à prendre les génomes viraux, à les amplifier et à poser un diagnostic : positif ou négatif.

4. Beaucoup moins de cas en Chine et en Corée du Sud

La Chine a rapporté mardi un seul nouveau cas d'origine locale de contamination par le coronavirus à Wuhan, et 20 nouveaux cas importés par des personnes entrées dans le pays. Les importantes mesures de contrôle et d’isolement imposées par la Chine ont donc porté leurs fruits, et le nombre de cas diagnostiqués quotidiennement diminue depuis maintenant plusieurs semaines.

"La Corée du Sud a mis en place des mesures de confinement extrêmes et cela a bien diminué le nombre de cas, la courve est d'ailleurs aplatie là-bas, idem en Chine. Toutefois, il est compliqué de transposer les mêmes mesures chez nous", explique Dellicour.

Après avoir dénombré plus d'un millier de nouvelles contaminations quotidiennes en février, la Chine a affirmé la semaine dernière avoir "pratiquement jugulé" le virus. La maladie est désormais moins répandue dans son berceau chinois que dans le reste du monde : le total mondial des décès a dépassé les 7.000 et 145 pays ont été touchés, portant le bilan des contaminations à plus de 175.500 cas.

5. Les enfants sont très peu affectés

"Il y a eu très peu voire aucun décès selon les zones touchées pour les enfants de moins de 9 ans. Nous n’avons pas encore de bonnes explications mais ça se vérifie partout. La sévérité de la maladie est vraiment corrélée avec l’âge. Le risque de complication ou même de décès est donc plus élevé chez les personnes âgées. D’ailleurs, chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus" , rapporte Steven Van Gucht, président du comité scientifique coronavirus.

Pour le chercheur de l'ULB, on ne sait toutefois pas si les enfants sont asymptomatiques ou si le virus ne s'implante carrément pas chez eux. "Nous avons encore très peu d'informations par rapport à ça. Les enfants peuvent véhiculer le virus mais on ne sait pas à quel point. C'est pourtant un élément clé".

6. La Belgique a fait des choix courageux

"La Belgique a eu raison de prendre ces mesures maintenant. C'est un choix stratégique fort qui permet de mettre la santé publique au premier plan, ce sont des choix courageux", affirme Simon Dellicour. Mais pour autant, a-t-on une idée du temps qu'il faudra pour que toutes ces mesures aient un réel impact sur l'épidémie ?

"Personne ne sait quand le pic de l'épidémie aura lieu tant que que nous sommes dedans. Il faut que les gens comprennent que pour voir les effets des mesures prises, il faut plusieurs avant de les observer. La virus va encore se manifester chez de nouvelles personnes d'ici cinq ou six jours. Il y a un temps de latence entre le moment où les mesures sont prises et la courbe du nombre de cas. Mais nul doute qu'il y aura un signal fort envoyé à la population prochainement, ce qui sera important moralement également".

7. Les États-Unis font un premier essai de vaccin

Un premier vaccin a été effectué lundi 16 mars à Seattle aux États-Unis sur une femme de 43 ans en bonne santé dans le cadre d'un programme de recherche international. Aux États-Unis, les yeux des scientifiques du monde entier sont braqués sur la ville de Seattle. C’est là que depuis lundi 16 mars, un premier essai clinique pour tester un vaccin contre le coronavirus a démarré. 45 personnes en bonne santé se sont portées volontaires pour participer à ce programme de recherche.

"De plus, des dizaines d’équipes à travers le monde cherchent un remède au coronavirus. Un laboratoire privé américain va commencer ses essais pour un autre vaccin, aux États-Unis, en Chine, et en Corée du Sud. D’autres laboratoires cherchent un traitement dont le Français Sanofi et l’Américain Regeneron, ont commencé lundi avec un essai clinique. Ils travaillent à partir d'un traitement développé pour les polyarthrites chroniques".

Mais pour autant, pourra-t-on avoir accès, de manière globale, à un vaccin prochainement ? "De nombreuses équipes travaillent sur un vaccin mais cela prend beaucoup de temps avant de l’injecter sur des volontaires puis auprès de la population. Si on y arrive au bout de 18 mois, ce serait spectaculaire. Ce serait d’ailleurs la première fois de l’histoire que l’on y arrive aussi vite", répond Johan Neyts, professeur en virologie à l’université KU Leuven et en charge des recherches à l'Institut Rega (à Louvain), un des trois laboratoires au monde capables de développer un traitement.

8. La majorité des cas sont bénins

Plus de 80 % des cas sont bénins, c’est-à-dire caractérisés par l’absence de symptômes ou des symptômes peu prononcés. Dans environ 15 % des cas, il est question d’une pneumonie sévère.

9. "Un virus facilement inactivé"

"C’est un virus assez fragile. Il est en effet très sensible au sec, à la chaleur et au soleil, ce qui peut rapidement le tuer. Le détergent et la javel le rendent également vite inactif. C’est un virus facilement inactivé" , rappelle Steven Van Gucht. Le lavage fréquent des mains avec du savon et de l’eau est donc le moyen le plus efficace pour éviter les transmissions.

10. Les élans de solidarité se multiplient

Partout dans le monde, les élans de solidarité se multiplient envers le personnel soignant. "C'est quelque chose de très réjouissant à observer. C'est important de noter des actes solidaires pour que tout le monde garde le moral dans cette crise".

Par exemple, un appel est lancé pour que ce mercredi, à 20 heures, la Belgique applaudisse ses héros du quotidien. Les Belges ont appelé sur les réseaux sociaux à applaudir le personnel médical depuis les fenêtres afin de le soutenir alors qu’il œuvre à la lutte contre le coronavirus en tentant de préserver les vies des personnes infectées.

Ce mouvement est d'ailleurs déjà présent chez nos voisins qui sont confinés à l'heure actuelle. L'idée a débuté en Italie pour encourager toutes ces personnes qui nous sauvent au quotidien. Cette initiative a alors ensuite pris de l’ampleur sur la Toile. L'objectif sera d'applaudir pour le personnel médical mais également toutes les personnes qui continuent à travailler pour vous rendre service au quotidien lors de cette période compliquée.