Interrogé à propos de la nouvelle souche du virus au journal de la RTBF, Yves Coppieters s'est montré rassurant. "Des mutations sont naturellement attendues pour ce genre de virus, et ces mutations sont généralement des marqueurs régionaux", a-t-il tenu à rappeler en premier lieu. 

"C'est vrai que lorsque l'on analyse ce virus, cette nouvelle souche, on voit qu'il y a 10 modifications environ, dont deux sur la protéine S qui permet l'adhésion du virus aux cellules humaines", explique l'épidémiologiste. "Deux cents souches déjà recensées ont cette modification".

Pour Yves Coppieters, même si l'incidence augmente fortement dans certaines régions d'Angleterre, il est encore trop tôt pour pouvoir attribuer cette augmentation à ce seul facteur. "On sait très bien que les transmissions et la contagiosité sont multifactorielles. Elles sont liées au comportement, à l'hiver et peut-être que ce facteur s'ajoute en plus. Mais on ne peut pas encore dire qu'il y a une causalité."

Une variante "mineure"

Même son de cloche du côté de Marc Van Ranst, il s'agit d'une variante "mineure", qui a également fait surface en Belgique au cours des derniers mois. "Nous avons observé quatre cas dans notre laboratoire", dit-il. "Les virus mutent continuellement, et quand ils le font, ils deviennent souvent plus transmissibles que pathogènes", explique M. Van Ranst.

La nouvelle variante en Angleterre ne suscite pas d'inquiétude supplémentaire. "Nous sommes particulièrement préoccupés par la hausse des chiffres dans notre pays", déclare le virologue. Selon lui, le fait que le Royaume-Uni adopte des mesures plus strictes est principalement dû à la forte augmentation du nombre de cas, plutôt qu'à la nouvelle souche.

Et le vaccin ? 

Alors quel effet pourrait avoir cette nouvelle variante sur le vaccin ? Pour Yves Coppieters, cela ne change pas grand chose. "L'efficacité des vaccins est basée sur une réaction immunitaire à l'ensemble de cette protéine S, cette protéine de surface qui permet la réaction immunitaire contre le virus", explique-t-il. "Cela ne va donc pas changer fondamentalement l'efficacité des vaccins. Bien sûr, il faudra le confirmer."

L'épidémiologiste a tenu à rappeler que, peu importe la souche, le virus reste très contagieux. L'application des gestes barrières permet, dès lors, de se protéger aussi bien individuellement, que collectivement : "Nos mesures sont bonnes, et si chacun les respecte, que ce soit cette souche ou une autre, on peut se protéger".