Des chercheurs britanniques ont annoncé mardi avoir fait "une avancée majeure" dans le traitement des malades gravement atteints par le Covid-19. Les responsables de l'essai clinique britannique Recovery ont découvert qu'un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, réduisait d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints.

Dans la foulée de cette annonce, qui se base sur les premiers résultats d'un vaste essai clinique, le gouvernement britannique a indiqué que ce traitement allait être immédiatement utilisé pour traiter les malades concernés. "Le dexamethasone est le premier médicament dont on observe qu'il améliore la survie en cas de Covid-19", ont indiqué dans un communiqué les responsables de Recovery. Selon eux, "une mort sur huit pourrait être évitée grâce à ce traitement chez les patients placés sous ventilation artificielle".

"C'est une avancée majeure dans la quête de nouvelles manières de traiter les malades du Covid", s'est réjoui dans un autre communiqué le Pr Stephen Powis, directeur médical du NHS, le service public de santé britannique.

"Le bénéfice en termes de survie est important chez les patients qui sont suffisamment malades pour avoir besoin d'oxygène, pour qui le dexamethasone devrait désormais devenir le traitement de base", a estimé l'un des responsables de l'essai Recovery, le Pr Peter Horby, de l'université d'Oxford.

"Le dexamethasone n'est pas cher, déjà commercialisé et peut être immédiatement utilisé pour sauver des vies à travers le monde", a-t-il poursuivi.

Ce médicament est déjà utilisé dans de nombreuses indications pour son effet anti-inflammatoire puissant.

Autre pays où l'épidémie ne montre pas de signe de reflux, l'Inde redoute une aggravation de la crise sanitaire avec la mousson annuelle et son cortège de maladies. "Le Covid-19 nous a laissé démunis", dit Vidya Thakur, forte de plus de trois décennies d'expérience de médecin dans un système de santé public indien sous-financé, "la mousson va rendre les choses encore plus compliquées". Plus d'un demi-million de personnes sont contaminées chaque année en Inde par des maladies favorisées par les pluies, comme la dengue et la paludisme, lors de la grande mousson qui s'abat sur le pays d'Asie du Sud de juin à septembre. Des infections qui présentent des symptômes presque identiques à ceux du Covid-19: fièvre, difficultés à respirer, perte d'appétit. A quelques semaines du grand pèlerinage annuel à la Mecque prévu fin juillet, l'Arabie saoudite se trouve elle face à un choix délicat: limiter le nombre de pèlerins ou annuler le hajj. "La décision sera bientôt prise et annoncée", assure un responsable saoudien, alors que Riyad est appelé à annoncer sa décision. En raison de la promiscuité entre pèlerins, le hajj, l'un des plus grand rassemblements du monde, pourrait devenir un énorme vecteur de contagion du Covid-19.