Justine s’en souviendra, de sa deuxième année à l’Ephec. Depuis une dizaine de jours, cette étudiante de 19 ans en comptabilité ne fréquente plus le site de Louvain-la-Neuve et a dû troquer, comme tous les étudiants du Royaume, les bancs des classes contre sa chaise de bureau.

A situation inédite, organisation particulière. Car pour poursuivre son cursus, Justine a mis en place un rituel auquel elle tente, vaille que vaille, de se tenir. « Le plus important - mais aussi le plus difficile- c’est de s’imposer de l’autodiscipline » , entame-t-elle depuis sa chambre de la campagne hennuyère. Le rythme n’est pas militaire, n’empêche, la jeune femme se lève tous les matins « assez tôt » et travaille toute la matinée. « J’essaye de coller à mes horaires de cours habituels » , précise-t-elle. Ceux-ci étant inéquitablement distribués, elle rééquilibre ses journées. « L’après-midi, je m’occupe autrement et je m’y remets en soirée » , poursuit-elle.

Des outils multimédia et flexibles

L’Ephec a « assez rapidement » mis en place des cours en direct donnés à des heures précises ainsi que des capsules vidéos. « Les professeurs ont pris le pli et c’est finalement assez agréable » , commente l’étudiante. L’usage du partage d’écran pour certains cours permet quant à lui « davantage d’interaction » . Des devoirs sont transmis par internet - via mail ou une plateforme adaptée - et corrigés en vidéo. D’autres enseignants font preuve de créativité et proposent des quizz à réaliser sur internet.

© Flémal

Certes, rien de tel que la présence physique, estime Justine, mais ce système « fonctionne bien ». D’autant plus que l’absence du groupe est palliée par une entraide via les réseaux sociaux. Une petite crainte, toute de même, liée à la perspective des examens. « Et si je ne faisais pas les choses correctement ? » , s’inquiète-t-elle.

Pour autant, « les outils qui sont mis à notre disposition permettent une plus grande flexibilité dans l’organisation des journées, en fonction de nos centres d’intérêt aussi » . Et ça, c’est un véritable plus, estime la jeune femme.

Car Justine est propriétaire d'un cheval. Il vit dans un manège à un peu plus d’un kilomètre de la maison familiale. Les visites doivent désormais être espacées et les conditions d’hygiène et de distance respectées. « Nous devons signaler les heures de visite pour éviter de se croiser les uns les autres » explique-t-elle. Pour des raisons de sécurité - « pour ne pas risquer de surcharger les urgences, car un accident est vite arrivé » - les cavaliers ne peuvent plus monter leur cheval. Ils peuvent par contre encore les promener à pied dans les installations du manège. « Nous n’avons pas d’instruction claire concernant les balades à l’extérieur. Mais si les gens peuvent promener leur chien, pourquoi pas les chevaux ? » Quoiqu’il en soit, cette période est propice, là aussi, à l’expérimentation d’autres pratiques : « J’essaie l’equi-feel, une discipline qui regroupe des exercices ludiques à pied et je participe à des défis mensuels par vidéo » , s’enthousiasme la jeune femme. « C’est l’occasion de développer une autre relation au cheval. » Une relation différente à l’autre, tout court.

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« Les difficultés sont clairement liées au manque d’interaction avec les autres étudiants » , estime Justine. Mais tout n’est pas noir pour autant. « On pourrait imaginer de conserver certains cours à distance, disons un jour par semaine. Cela permettrait plus de flexibilité, éviterait les trajets quotidiens en transports en commun et le stress des retards qui y sont liés. »

Un enseignement à retenir pour les universités et hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

--> Les plans vidéo et les photos ont été prises par notre photographe Jean-Luc Flémal, le père de Justine, ce qui explique leur proximité physique.