Mais tandis que le bilan dépasse les deux millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS Michael Ryan a souligné qu'il ne fallait pas tout mettre sur le dos des nouveaux variants.

Le virus "exploite" aussi le relâchement des comportements individuels, a-t-il averti. "Il est trop facile de rejeter la faute sur les variants et de dire que le virus est responsable. Malheureusement, c'est aussi ce que nous n'avons pas fait qui l'est", a-t-il insisté.

Parallèlement, le Comité d'urgence, réuni jeudi de manière virtuelle, s'est dit opposé "pour le moment" à l'instauration de certificats de vaccination contre le Covid-19 en tant que condition pour permettre l'entrée dans un pays de voyageurs internationaux.

De son côté, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a lancé un appel pour que les campagnes de vaccination contre le Covid-19 aient débuté "dans tous les pays dans les 100 prochains jours pour que les personnels de santé et ceux qui présentent des risques importants soient protégés en premier lieu".

Pour le moment, 46 pays, en grande majorité des pays riches, ont commencé les vaccinations, selon Mariângela Simão, la sous-directrice générale de l'OMS chargée de l'accès aux médicaments et aux produits de santé.

"Risque très élevé"

En ce qui concerne les variants, le Comité d'urgence de l'OMS appelle à une expansion mondiale du séquençage génomique et du partage des données, ainsi qu'à une plus grande collaboration scientifique pour faire face "aux inconnues fondamentales" qui subsistent.

Il demande également à l'OMS de mettre au point un "système normalisé" de dénomination des nouveaux variants qui évite toute "stigmatisation" géographique ou politique.

Malgré l'arrivée des vaccins, l'OMS considère que le risque créé par le Covid-19 reste "très élevé", en partie à cause des nouveaux variants.

C'est pour cette raison que le comité, qui se retrouve normalement tous les trois mois, a été appelé à se réunir avec deux semaines d'avance.

Les experts du comité demandent un renforcement du cadre de surveillance des risques liés aux variants du virus à l'origine du Covid-19, en accélérant la collaboration et en harmonisant la recherche.

Les variants britannique et sud-africain du coronavirus, particulièrement contagieux, ont été détectés respectivement dans 50 et 20 pays ou territoires, mais l'OMS juge cette évaluation fort probablement sous-estimée.

Ces variants ne peuvent être identifiés que par le séquençage de leur code génétique, une analyse qui n'est pas possible partout.

Une troisième mutation, originaire de l'Amazonie brésilienne et dont le Japon a annoncé dimanche la découverte, est actuellement analysée et pourrait impacter la réponse immunitaire, selon l'OMS qui évoque dans son bulletin hebdomadaire "un variant inquiétant".