Interrogée sur la décision de l'Agence européenne du médicament d'autoriser le vaccin Johnson&Johnson malgré des cas d'effets secondaires graves très rares, Sophie Lucas a salué l'initiative, assurant que les bénéfices l'emportaient sur le risque.

L'immunologiste rappelle en outre que ce vaccin Johnson&Johnson est particulièrement intéressant: "Il suffit d'une seule dose et donc cela donne de la souplesse à la campagne de vaccination. Cela permet également d'atteindre des personnes difficilement atteignables ou qui ont des difficultés à se déplacer deux fois. Et puis cela est important également pour des pays à faibles revenus ou à revenus modérés, et dans lesquels les campagnes de vaccination sont difficiles à organiser."

Concernant les effets indésirables, Sophie Lucas se veut rassurante et souligne qu'il y en a avec tous les vaccins. "Ils sont fréquents mais ils ne sont pas dangereux. Alors des effets indésirables rares et potentiellement dangereux, on est en train d'en découvrir, pour l'instant seulement avec les vaccins AstraZeneca et Johnson&Johnson. Cela n'exclut pas à mon sens que l'on va peut-être se rendre compte, en réanalysant les données, que les autres vaccins pourraient aussi être associés peut-être au même type d'effets secondaires extrêmement rares ou peut-être à d'autres qu'on ne connaît pas encore."


Le variant indien occupe actuellement tous les esprits et est la source de nombreuses inquiétudes. A raison? Pour l'immunologiste, il ne faut tomber dans la panique mais rester attentif. "Au niveau mondial, ce n'est pas le premier variant et donc on a les mêmes questionnements lors de l'émergence de chacun de ces variants préoccupants. Cela a déjà été le cas au moment de l'émergence du variant britannique, puis du sud-africain et du brésilien. On parle à présent de l'émergence de ces nouveaux variants en Inde. Il faut être absolument conscient que tant que le virus circule et qu'il circule à haut bruit, on va voir apparaître encore de nouveaux variants. Certains seront plus préoccupants que d'autres. Il faut rester attentif. Mais pour l'instant, il n'y a pas d'indication que ce variant indien constitue une préoccupation majeure pour nos populations. Alors touche-t-il vraiment des personnes plus jeunes et est-il plus dangereux? Moi je n'en sais rien encore. On n'a pas énormément d'indications à ce sujet-là. Souvenons-nous que c'étaient exactement les mêmes questions que l'on se posait par rapport aux variants britannique, sud-africain et brésilien. Seules des études vont permettre de le déterminer et répondre à ces questions."

Et Sophie Lucas de conclure en insistant sur l'importance de la vaccination par rapport au coronavirus et ses différents variants: "Ces variants apparaissent parce que le virus circule. Et la vaccination, en diminuant la quantité de virus en circulation, va permettre de diminuer la probabilité de l'émergence de ces nouveaux variants."