Qui vapote ? Les adultes qui essaient d'arrêter de fumer ? "Les données nous montrent un portrait qui est très différent de celui qui est véhiculé par l’industrie du vapotage, l'idée que les produits de vapotage sont essentiellement destinés et utilisés par des fumeurs d’un certain âge qui souhaitent cesser de fumer", constate Flory Doucas, co-directrice et porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Au Québec, le vapotage serait au moins trois fois plus populaire chez les jeunes de 15 à 17 ans que chez les adultes, rapportent nos confrères de Radio-Canada. Par conséquent, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac demande au gouvernement d'implanter un cadre réglementaire plus strict pour contrer le vapotage chez les jeunes. Elle souhaite l'interdiction des saveurs autres que le tabac et la limitation de la teneur en nicotine dans les produits de vapotage.

"Les produits fruités très populaires chez les jeunes"

Selon le Dr Nicholas Chadi, pédiatre et clinicien chercheur au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, les saveurs sont un des principaux facteurs qui attirent les jeunes. "On a démontré avec de grands sondages canadiens et américains que les saveurs sont une des principales raisons, assure le médecin. Ça rend les produits plus attrayants. Ça amène une expérience d’utilisation qui peut être plus plaisante pour les jeunes et on sait que les produits fruités ou à saveur sucrée sont très populaires chez les jeunes."

Un sondage qui a fait réagir l'Association des représentants de l’industrie du vapotage (ARIV) du Canada. Selon son directeur, Allan Rewak, "l’abolition des saveurs serait nuisible pour les vapoteurs adultes qui tentent de cesser de fumer la cigarette." Il assure toutefois que "nous sommes fortement opposés à ce que les jeunes vapotent. Pour être honnête, nous sommes fortement opposés à ce que les non-fumeurs aient accès aux produits de vapotage. Ces produits ne sont pas là pour ça. Ils sont pour les fumeurs adultes et pour réduire les risques."

Selon lui, l'interdiction des saveurs n'est pas la bonne manière de lutter contre le vapotage chez les jeunes. "Cela va potentiellement exposer les gens à un marché non sécuritaire, illicite, où les produits sont créés dans des contextes non réglementés. Si l'Assemblée nationale décide à un moment donné qu’elle voudrait restreindre ces produits [à saveur], cela ne va pas enlever la demande. Nous l’avons vu avec d’autres produits comme le cannabis ou l’alcool. Les gens se tournent vers le marché noir, et ça, c’est quelque chose qui me préoccupe beaucoup", insiste le directeur.

Une argumentation à laquelle s'oppose le Dr Chadi consulté par nos confrères canadiens : "la seule saveur qui n’est pas plus populaire chez les jeunes que chez les adultes, c'est la saveur de tabac. Donc si on veut utiliser la vapoteuse comme un outil de cessation tabagique chez les adultes plus âgés comme le promeuvent les compagnies de vapotage, il y aurait une raison quand même assez judicieuse de bannir les saveurs."