À l'heure où la Belgique réfléchit à d'éventuelles nouvelles mesures pour endiguer le rebond épidémique, la revue The Lancet publie un article qui pourrait donner quelques indices sur la marche à suivre. Réalisée par plusieurs chercheurs de l'université d'Edimbourg, l'étude s'intéresse à l'impact des différents choix pris par les gouvernements de 131 pays sur la crise sanitaire. L'objectif des scientifiques est avant tout de pouvoir donner un aperçu des restrictions qui ont permis de réduire au mieux la propagation de coronavirus, à un moment où de plus en plus de pays européens doivent à nouveau resserrer la vis. Pour cela, les chercheurs se sont intéressés au taux de reproduction (R) du coronavirus - qui correspond au nombre moyen de personnes qu'un malade va contaminer - avant et après la mise en place des règles étudiées. 

La fermeture des écoles n'est pas la mesure la plus efficace

Les résultats montrent que les restrictions ont bel et bien permis de diminuer la propagation du virus au sein de la population. Mais les mesures ont eu des impacts différents, allant d'une diminution de 3% à 24% du R 28 jours après leur mise en application. Selon l'étude, c'est l' interdiction des événements public s qui aurait, isolément, eu l'effet le plus important sur les contaminations (on note une diminution de 95% du taux de reproduction 28 jours plus tard en moyenne). "Ce n'est pas surprenant", peut-on lire dans le document publié par The Lancet. "Premièrement, parce que l'annulation de ce genre de manifestations publiques permet d'éviter qu'elles deviennent des événements supercontaminateurs. Deuxièmement, l'effet observé est important car il s'agit souvent d'une des premières mesures mises en place par les gouvernements." Toujours selon les résultats présentés par les chercheurs, la levée de l'interdiction de tels événements publics aurait engendré une augmentation de 21% en moyenne du taux de reproduction du coronavirus. Cette hausse s'élève à 25% pour ce qui est de la reprise des rassemblements de plus de 10 personnes. Il s'agit là de l'augmentation la plus importante observée suite à la levée des restrictions.

Après l'interdiction des rassemblements, c'est la fermeture des écoles qui a le plus impacté la propagation du virus. Si elle n'est pas à même d'interrompre à elle seule la transmission du virus, elle permet tout de même de réduire l'incidence de 40 à 60% et d'induire un certain retard dans l'évolution de l'épidémie. La fermeture des établissements scolaires a provoqué une diminution de 15% en moyenne du taux de reproduction du virus. A contrario, leur réouverture a engendré une augmentation du R de 24% (toujours observée sur une durée de 28 jours commençant lors de la réouverture). Les scientifiques soulignent toutefois que leurs recherches ne tiennent pas compte des différentes mesures adoptées dans les pays étudiés pour le retour en classe des enfants, pouvant induire des variantes dans l'impact qu'a eu la réouverture des écoles. 

La combinaison de ces mesures triomphe   

Enfin, les chercheurs se sont également intéressés aux retombées d'un confinement total sur la situation épidémiologique, additionnant plusieurs mesures mentionnées ci-dessus. Le lockdown, consistant pour les chercheurs en la volonté de maintenir au maximum la population à la maison en passant par la fermeture des écoles, des lieux de travail ainsi que par l'interdiction des événements publics et des rassemblements, induit selon leurs résultats une diminution du taux de reproduction du coronavirus de 35% après seulement 7 jours, de 42% après 14 jours et de 52% après 28 jours. L'étude démontre donc qu'un confinement a un effet bien plus rapide que n'importe quelle mesure prise séparément. Sur le long terme, c'est ce lockdown qui permet, sans surprise, d'impacter le plus considérablement la propagation du virus.   

© AFP