Hans-Willem Snoeck, professeur de microbiologie et d'immunologie à l'Université de Columbia (New York), a mis le feu aux poudres mercredi en publiant une opinion "radicale" dans De Morgen. L'expert y plaidait notamment pour une fermeture des écoles jusque fin janvier afin de couper toutes les chaînes de transmission.

"Nous avons toujours pensé que les enfants de moins de 10 ne représentaient pas de problème. Or, nous voyons dans cette catégorie d'âge la plus grande augmentation, ce qui est très surprenant", a poursuivi Hans-Willem Snoeck mercredi soir sur le plateau de Terzake . "Je pense que les écoles sont un facteur sous-estimé."


Lors de leur traditionnel point presse de ce mercredi, Yves Van Laethem et Steven Van Gucht avaient confirmé que l'augmentation des nouveaux cas touchait toutes les tranches d'âge mais qu'une "augmentation importante (+34%) était à noter du côté des enfants de moins de 10 ans". "Il est frappant de constater que le nombre de cas des élèves en secondaire est inférieur à celui des élèves en primaire. Cela est peut-être lié à un enseignement à distance et les examens de Noël qui ont pris place dans le secondaire", notaient les porte-parole interfédéraux qui précisaient toutefois qu'en valeur absolue les enfants ne représentaient qu'une toute petite partie des nouvelles contaminations.

Les écoles, un des "moteurs auxiliaires" de l'épidémie

Pour Hans-Willem Snoeck, il y a toutefois "quelque chose de très étrange avec les enfants", raison pour laquelle il plaide pour la fermeture des écoles jusque fin janvier. "Les enfants sont un moteur auxiliaire de l'épidémie", affirme-t-il. "Si nous arrêtons les gros moteurs, nous commençons alors à voir l'impact des moteurs auxiliaires. Et je pense que si nous n'arrêtons pas tous les moteurs, nous allons avoir un pic exponentiel. Dans deux semaines, nous serons à nouveau surpris par la vitesse de propagation du virus", a-t-il expliqué au Laatste Nieuws . Selon lui, si on fermait les écoles jusque fin janvier -avec une prise en charge des enfants pour les parents qui ne peuvent pas les garder-, le retard pris par les élèves pourrait être compensé en grignotant sur les vacances de Pâques ou les vacances d'été.

Une position qui a été soutenue par Dirk Van Damme, chef du Centre de recherche et d'innovation en éducation à l'OCDE à Paris. "C'est terrible, mais je crains qu'il n'ait raison. Sans fermer les écoles, nous tomberons sur la troisième vague avant la fin de la seconde", a-t-il écrit sur Twitter.


"Les chiffres se sont stabilisés en septembre, et les écoles étaient ouvertes!"

"C'est vrai que l'éducation provoque une énorme mobilité des personnes et aussi beaucoup de contacts. Bien sûr, vous en payez le prix dans les chiffres", a reconnu Steven Van Gucht, mais "payer ce prix a été un choix politique et social". Pour rappel, après la fermeture forcée des écoles lors du premier confinement, la Belgique avait décidé que la priorité serait de les maintenir ouvertes coûte que coûte. Pour lui, il n'est pas nécessaire de fermer les écoles étant donné "qu'elles respectent bien les mesures, ce qui permet de réduire les risques". De plus, selon le porte-parole interfédéral, "les chiffres se sont stabilisés à la fin du mois de septembre; Or, les écoles étaient toujours ouvertes. En octobre, il y a soudainement eu un rebond. Nous pensons que le début de l'année universitaire a encore catalysé le problème, les étudiants universitaires étant une population très mobile. Vous ne pouvez pas expliquer correctement la stabilisation fin septembre si elle est purement impulsée par les écoles primaires et secondaires."

Pour rappel, la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles sont actuellement contre un prolongement des vacances de Noël . "Mais certains imaginent que la piste puisse être ressortie de la manche du Comité de concertation pendant les vacances", explique à la DH un poids-lourd du-dit Comité qui demande toutefois d'anticiper les choses et de dire dès ce vendredi si "quelque chose sera fait dans les écoles".