Nous sommes le mercredi 11 mars 2020. Au cours des deux dernières semaines, le nombre de cas de Covid-19 enregistrés en dehors de la Chine a été multiplié par 13 ; le nombre de pays touchés a triplé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui suit l’évolution du coronavirus depuis la fin de l’année précédente - le premier cas officiel de Covid-19 a été détecté en décembre 2019 à Wuhan - sort du bois : "Nous estimons que la Covid-19 peut être qualifié de pandémie", dit le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse à Genève. "Nous sommes profondément préoccupés tant par les niveaux alarmants de propagation et de gravité que par les niveaux alarmants d’inaction" dans le monde, déclare-t-il. "Décrire la situation comme une pandémie ne change pas l’évaluation de la menace posée par ce coronavirus. Cela ne change pas ce que fait l’OMS, et cela ne change pas ce que les pays devraient faire", ajoute-t-il.

Mais le branle-bas de combat contre l’ennemi s’organise ou se renforce alors dans la plupart des pays. En Belgique, la veille (le 10 mars), le Conseil national de sécurité a déjà pris une série de mesures pour empêcher la propagation du virus. Le pays est alors en phase 2 du plan d’urgence corona (le premier cas positif au coronavirus en Belgique a été annoncé le 4 février) et un certain nombre de mesures de distanciation sociale entrent en vigueur ; mais les écoles, les commerces et les établissements horeca restent encore ouverts.Alors que le premier décès suite au Covid-19 est enregistré en Belgique le 11 mars, le Conseil de sécurité va ensuite passer à la vitesse supérieure : il décrète le confinement. La Première ministre Sophie Wilmès (à l’époque) annonce, d’un ton grave, la mise sous cloche du pays. Une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les Belges sont soumis au confinement à partir du 18 mars à midi. Ils sont priés de rester chez eux pour éviter la diffusion du coronavirus. Il leur est demandé de limiter leurs déplacements à l’essentiel (santé, nourriture, banque, pharmacie, poste, essence, aide aux personnes dans le besoin). Les écoles et les magasins ferment, sauf les pharmacies, commerces de nourriture ainsi que les librairies. Les crèches restent ouvertes. Les rassemblements sont interdits.


Les entreprises doivent pratiquer le télétravail pour toutes les fonctions qui le permettent. Pour les autres fonctions, une distance sociale doit être observée entre les travailleurs sur le lieu de travail et dans les transports organisés par l’entreprise.

Les transports en commun continuent à circuler mais, là encore, ils doivent veiller à ce que la distance sociale soit respectée. Les supermarchés doivent réguler l’accès à leurs magasins. Les voyages non essentiels vers l’étranger sont interdits. Les marchés en plein air doivent fermer. Seules les échoppes de nourriture sont autorisées là où c’est indispensable. L’activité en plein air n’est pas déconseillée, elle est même recommandée dans une certaine mesure, mais en compagnie d’une seule autre personne et en respectant les distances. La Belgique apprend à connaître des concepts qui vont dorénavant rythmer sa vie : la bulle de contacts, la distanciation sociale, le port du masque, la fermeture des frontières…

L’ensemble de la vie en commun va être bouleversé par le coronavirus et la Covid-19 : en famille, au travail, entre amis, dans les activités de loisirs, dans les écoles, à l’université. Un chiffre, parmi d’autres, indique l’ampleur du phénomène : en un an, les enfants ont perdu en moyenne dans le monde 74 jours d’éducation chacun, soit près d’un tiers d’une année scolaire, à cause de la pandémie de coronavirus, avec des inégalités qui se sont creusées, a indiqué cette semaine l’ONG Save the Children.

Aujourd’hui, après deux confinements, en Belgique, comme dans tant d’autres pays, des restrictions sont toujours d’application, mais le vaccin redonne l’espoir d’un retour à la normale à moyen terme. Mais la vigilance et la prudence s’imposent plus que jamais : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé, cette semaine, irréaliste de penser que l’humanité sera débarrassée du Covid-19 d’ici la fin de l’année…