Ce lundi 7 décembre, Yves Van Laethem expliquait, lors de la conférence de presse du Centre de crise et du SPF Santé publique, que le palier des 800 nouveaux cas par jour souhaité par le gouvernement ne sera pas atteint pour Noël. Le porte-parole interfédéral a estimé que la Belgique atteindrait plutôt ce stade à la mi-janvier, voire au début du mois de février. Mais Frédéric Cotton, chef du service de chimie médicale au LHUB-ULB, n'est pas aussi confiant. Dans un tweet partagé ce dimanche 6 décembre, il a expliqué que les germes de la troisième vague étaient déjà semés. "Je ne suis pas épidémiologiste et j'aimerais vraiment croire que l'on va arriver à ce palier, mais tous les experts qui travaillent dans le domaine de la santé en sont convaincus: il y aura une troisième vague. Il suffit d'observer les chiffres, il y a aujourd'hui une stagnation dans le taux de positivité, voire même une augmentation. C'est difficile de dire s'il s'agit déjà de la troisième vague, ou plutôt d'une nouvelle vaguellete, mais c'est déjà en place", détaille-t-il auprès de La Libre. 

Pour le Professeur, nous assistons à la même situation que celle vécue en août. "On attendait tous la seconde vague en juillet et puis finalement rien. Des centres de testing ont même fermé et puis nous n'avons pas été prêts lorsque la seconde vague est arrivée en septembre", regrette-t-il. Frédéric Cotton est persuadé que le retour des vacances et la rentrée scolaire sont à l'origine de cette seconde vague. Or, ce même schéma est en train de se reproduire. "On le sait, certains ne vont pas respecter les recommandations lors des fêtes de fin d'année et vont se rassembler. Les étudiants vont retourner à l'école, et à cela, s'ajoute la chute des températures. Je pense que toutes les planètes sont alignées pour assister à une troisième vague."

"Je suis parfois horrifié par ce que je vois dans la rue"

Malheureusement, inverser la tendance semble difficile pour l'expert, qui n'envisage pas que l'on puisse par exemple fermer à nouveau les magasins en raison de la pression économique. "Le gouvernement a cédé uniquement à cause de la forte demande. Il est vrai que l'on n'attrape pas le coronavirus en faisant les magasins si l'on respecte les règles. Mais la fermeture des commerces non-essentiels a pour but de limiter la circulation des gens dans les rues. Et à la réouverture des commerces on a assisté à un phénomène dérégulé, où la population s'est ruée dans les magasins. Je pense qu'à un moment, on récolte ce que l'on sème."

Selon lui, une action sur le long terme doit être envisagée pour éradiquer le virus. "On coupe le gaz puis on le rallume, c'est vraiment ça, et on crée cet effet de vague. Je pense que le Belge n'est pas assez respectueux des règles, je suis parfois horrifié par ce que je vois dans la rue, commente M. Cotton. Je suis également professeur à l'université et je pense que dans certaines écoles il y a un manque de discipline. Les mesures mises en place par certains pays scandinaves, ce n'était pas envisageable chez nous par exemple. Il y un problème culturel qui fait que le gouvernement est obligé de jouer à on-off avec les règles sanitaires en place et ce n'est certainement pas la meilleure manière de procéder."

Il espère toutefois que les autorités apprendront des erreurs commises lors de la deuxième vague. Il espère par ailleurs que le prochain Comité de concertation n'actera aucun assouplissement. "Le contre-coup de la réouverture des commerces, on va seulement le ressentir d'ici quelques jours. J'espère donc que les politiques vont se rendre compte qu'élargir la bulle, ouvrir l'Horeca et permettre à nouveau les métiers de contact, ce n'est pas une bonne idée. Il ne faut rien relâcher", conclut-il à La Libre.