"Nous devons unir nos forces pour accélérer la vaccination", a appelé le directeur régional de l'organisation Hans Kluge, alors que la campagne de vaccination dans l'Union européenne a connu des débuts difficiles, sur fond de manque de vaccins et de tensions entre Bruxelles et certains fabricants.

"Des entreprises pharmaceutiques d'habitude concurrentes doivent unir leurs efforts pour augmenter drastiquement les capacités de production, c'est de ça dont nous avons besoin", a insisté le responsable basé à Copenhague.

Dans l'Union européenne, le taux de la population ayant reçu une première dose atteint à peine les 2,5%. L'annonce par plusieurs laboratoires d'une augmentation de leurs livraisons a relancé les espoirs d'une accélération.

Quant au fait de savoir si ces vaccins anti-Covid arrivés sur le marché depuis décembre vont rester efficaces contre les nouveaux variants, "c'est la grande question. Je suis inquiet", a reconnu M. Kluge.

Pour lui, "nous devons nous préparer" à d'autres mutations, notamment en renforçant encore le séquençage.

"C'est un rappel cruel que le virus a encore le dessus sur l'être humain, mais ce n'est pas un nouveau virus, c'est une évolution d'un virus qui essaie de s'adapter à son hôte humain", a-t-il rappelé.

Sur les 53 pays de la région européenne pour l'OMS (dont plusieurs pays d'Asie centrale), 37 ont enregistré des cas liés à la nouvelle souche dite britannique et 17 nations des cas provenant de la souche sud-africaine, selon les dernières données.

Si la situation semble aujourd'hui plus difficile qu'au moment de l'arrivée des premiers vaccins, le responsable de l'OMS Europe a appelé à rester optimiste.

"Je suis honnête: je pense que le tunnel est un peu plus long que nous ne le pensions en décembre, mais cela va rester une année plus gérable" que l'an passé, a-t-il affirmé.

"La solution ou la stratégie n'existent pas. Nous devons être meilleurs dans ce que nous faisons et nous sommes en train de nous améliorer", a-t-il dit.

Il a réitéré les appels à la solidarité envers les pays qui ne peuvent pas se fournir en vaccin, suggérant aux pays riches d'accélérer le partage de leurs doses avec les pays pauvres après avoir atteint un certain niveau de vaccination.

"Peut-être que si les pays de l'UE atteignent 20% de vaccination de leur population - 20% ça veut dire les personnes âgées, les personnels de santé, les personnes avec des co-morbidités, cela pourrait être le moment de partager des vaccins", a-t-il suggéré.

Le cap des 100 millions de doses de vaccins dans le monde a été franchi mardi, avec 65% des doses administrées dans les pays à revenu élevé, selon les critères de la Banque mondiale.

Sur fond de "nationalisme vaccinal", l'OMS a mis en place le dispositif Covax pour fournir les pays défavorisés.

"Nous savons que dans l'UE, au Canada, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, des commandes ont été passées pour quatre à neuf fois les doses nécessaires. Donc pas besoin d'atteindre les 70% (de vaccinés) pour partager avec les Balkans, avec l'Asie centrale ou avec l'Afrique".

Si l'OMS est favorable aux certificats de vaccination en soi pour suivre les campagnes, M. Kluge est critique sur la mise en place de passeports vaccinaux comme prérequis pour par exemple voyager.

Ça c'est clairement quelque chose que nous ne cautionnons pas, car cela va accroître les inégalités et cela soulève trop de questions", a-t-il affirmé.