L'hôpital Ichilov à Tel Aviv a partagé des résultats très encourageants du médicament contre le cancer de l'ovaire qu'il a retravaillé lui même, l'EXO-CD24, et qu'il teste comme traitement expérimental contre le Covid-19. Le centre de soins indique ainsi l'avoir administré à une trentaine de patients atteints du coronavirus et que tous se sont rétablis, vingt-neufs d'entres-eux ayant même quitté l'hôpital dans les trois à cinq jours suivant la prise du médicament. De tels effets ont poussé le Premier ministre Benjamin Netanyahou à le qualifier de "traitement miracle".

Ce nouveau médicament vise un objectif bien précis : lutter contre les réactions inflammatoires extrêmes dont souffrent les malades du coronavirus qui en développent les formes les plus graves. Leurs systèmes immunitaires présentent alors une réaction excessive, produisant trop de Citokines. Les systèmes finissent par dysfonctionner et attaquer des cellules saines. Bart Lambrecht, pneumologue à l’UZ Gent et directeur des maladies inflammatoires à l’Institut flamand de biotechnologie (VIB) accueille cette nouvelle positivement : "Je pense que c'est un très bon médicament. Il est administré par inhalation et va directement là où il devrait fonctionner, dans les poumons", détaille l'expert dans les colonnes de Het Laatste Nieuws. "Ce que fait l'EXO-CD24, c'est que les macrophages dans nos poumons fonctionnent à nouveau correctement. Les macrophages peuvent être comparés aux aspirateurs qui éliminent les cellules mortes et les virus. Mais chez ces patients corona, les macrophages sont remplacés par de nouveaux aspirateurs, qui rendent les poumons encore plus sales et commencent à souffler la poussière. La médecine israélienne veut changer cela", explique-t-il encore.

Le virologue et professeur Johan Neyts (KU Leuven), qui recherche actuellement des médicaments antiviraux dans la lutte contre le virus, rappelle néanmoins dans le Nieuwsblad que beaucoup de points d'interrogations demeurent. "Nous n'avons pas encore vu les résultats exacts. Le fait qu'il s'agisse d'un outil expérimental soulève certaines questions: est-il facile de le produire une fois approuvé? Quel est le prix? Un tel outil n'est utile que s'il peut être utilisé à grande échelle". L'étude israélienne n'en est en effet qu'à la phase 1, et les résultats des phases suivantes doivent encore apporter beaucoup de réponses.