"Un virus qui circule, qui se multiplie, va muter. Ce n'est pas étonnant", explique Nathan Clumeck. "En virologie, c'est un concept que l'on connait très bien." Le professeur se dit dès lors "rassuré" par l'annonce de l'entreprise pharmaceutique Moderna au sujet de l'efficacité de son vaccin à propos des souches britannique et sud-africaine.

Cependant, selon le professeur émérite, bien que ces variants soient plus contagieux, cela ne signifie pas pour autant qu'une 3e vague est inéluctable: "Quand les cas ont explosé au Royaume-Uni, c'était à l'occasion de fêtes, de rassemblements dans des bars, dans des familles... où l'on ne portait pas de masque. Il y a donc un effet amplificateur", nuance-t-il.

Les école surveillées de près

Concernant les écoles, Nathan Clumeck ne se veut pas alarmiste: "L'école est le reflet de la société. Le fait qu'il y ait des enfants contaminés n'a rien de surprenant. D'autant plus que les enseignants soulignent la difficulté pour les jeunes de garder les masques. Le virus peut donc se propager plus facilement", détaille-t-il. "Il faudra voir à l'avenir mais, actuellement, la hausse des contaminations n'est pas foudroyante dans les établissements scolaires."

Il estime également qu'il serait intéressant que les membres du GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19, ndlr) puissent partager les données qu'ils possèdent, notamment sur les foyers de contamination: "Cela ajouterait de la crédibilité aux mesures et donc renforcerait l'adhésion de la population."

Un équilibre à trouver entre relance et contrôle de la pandémie

Avant d'espérer un assouplissement général des mesures, il est nécessaire d'atteindre le seuil symbolique des 800 contaminations par jour pendant 3 semaines et un taux d'admission à l’hôpital quotidien qui reste sous les 75 pendant au moins une semaine. Nous en sommes encore loin.

"Ce sont des chiffres arbitraires", souligne le spécialiste en maladies infectieuses, "les Chinois ont estimé qu'il fallait zéro contamination". "Il faut trouver un équilibre entre mesures restrictives et objectifs à atteindre et c'est très compliqué", reconnaît-il. "Il n'y a qu'à voir ce qui se passe aux Pays-Bas."

Selon Nathan Clumeck, au vu des chiffres actuels, nous n'atteindrons le seuil symbolique qu'en mars, voire plus loin: "Je ne sais pas si la patience des gens ira jusque-là."

La vaccination pas assez rapide

Avant toute chose, cette pandémie est une course entre le coronavirus et la vaccination, rappelle le professeur: "Je dois bien reconnaître que le virus a une légère avance sur nous", déplore-t-il. "Il y avait toute une série de promesses des firmes pharmaceutiques mais, maintenant que nous sommes dans le monde réel, on se rend compte qu'il existe un certain nombre d'obstacles."

Dès lors, Nathan Clumeck affirme qu'il sera nécessaire de modifier la stratégie de vaccination sur le territoire à l'avenir.