Interrogé au sujet de la carte blanche signée par un ensemble de personnalités issues de la société civile et dans laquelle ceux-ci remettent en question la gestion de la crise et les mesures du gouvernement fédéral (comme par exemple le confinement), Jean-Luc Gala déclare d'emblée qu'il comprend les revendications mais n'a pas signé la carte blanche car ce n'est pas, selon lui, sa "philosophie" et ce n'est pas le "bon véhicule des idées". "Ma position, c'est plutôt l'interprétation dogmatique et anxiogène des chiffres actuels qui m'interpelle depuis pas mal de temps ", explique-t-il.

Le spécialiste pointe alors un réel problème de communication, de la part non seulement des experts mais aussi de Sciensano. "Il y a une confusion qu'on introduit depuis trop longtemps entre un taux de contamination, ce qu'ils appellent des cas, et un nombre de malades, c'est la conséquence de la contamination et qui se traduit par des patients hospitalisés, aux soins intensifs et, pire, par des décès. C'est deux choses fondamentalement différentes, mais qu'on n'explique pas ", précise-t-il. Avant de détailler: "En fonction de cette confusion, involontaire ou volontaire, là je ne me prononcerai pas, on interprète ces chiffres qui ne veulent par ailleurs rien dire puisqu'ils sont par essence biaisés. Et on surinterprète ces chiffres pour prendre des mesures générales à l'échelle du pays alors qu'il faudrait les prendre de manière extrêmement focalisée et que nous avons les armes pour le faire à l'heure actuelle."

Jean-Luc Gala évoque ensuite les conséquences dramatiques de ces mesures mises en place. "Elles frappent malheureusement durement l'ensemble de l'économie du pays. Ca devient insupportable. Ca frappe durement la psychologie des citoyens. Le taux de suicide n'a jamais été aussi élevé, le taux de dépression non plus et le taux de patients hospitalisés pour des affections psychiatriques aussi. Tous ces signaux d'alerte sont en augmentation sérieuse. Tout ça à cause de ce que j'estime être actuellement une attitude dogmatique par rapport à des chiffres qui ne veulent rien dire."

Finalement, le chef de clinique à Saint-Luc épingle une mesure en particulier qui le fait bondir: la bulle des 5. "La mortalité diminue partout, que ce soit en Belgique, en Europe, et même en Amérique alors qu'on continue à prôner des mesures vraiment dures comme la bulle de 5 qui est vraiment une mesure que personne ne comprend. Même la Première ministre avoue sur un plateau TV que la population ne l'a pas comprise, elle essaie alors de rectifier le tir mais je ne suis pas sûr qu'elle y soit arrivée. C'est une mesure finalement qui n'a aucune base scientifique, elle n'est applicable, elle n'est pas appliquée, elle n'est pas contrôlable donc elle n'est pas contrôlée. Donc par définition, elle est totalement inutile."

Jean-Luc Gala termine son intervention par un petit tacle: "Des experts prétendent que c'est ça [NDLR: la bulle de 5], le pilier de contrôle du rebond de l'épidémie. Je suis désolé, mais ça c'est se foutre du monde."