L'Absym épingle mercredi les autorités belges sur leur manquement quant à l'application des directives internationales de l'OMS et déplore une nouvelle fois la pénurie de matériel de protection.

L'Association belge des syndicats médicaux exhorte les autorités à enregistrer le nombre d'infections de tous les professionnels de la santé. "Actuellement en Belgique, nous ne connaissons pas le nombre de médecins, infirmiers ou autres professionnels de santé, infectés, malades ou hospitalisés." Si l'OMS indique qu'il est essentiel d'enregistrer le nombre d'infections de tous les professionnels de la santé afin de pouvoir renforcer les mesures de protection sanitaire dans les plus brefs délais, l'institut public Sciensano affirme que "les cas confirmés chez les professionnels de santé ne doivent pas être déclarés sauf s'ils font partie d'un foyer dans une communauté résidentielle".

Le personnel soignant ne devant être dépisté qu'en cas de fièvre et de symptômes respiratoires chroniques, l'Absym avance que "de nombreuses personnes actives dans le secteur de la santé, y compris des médecins, ont sans aucun doute été contaminées en raison de la forte pénurie d'équipement de protection. Il se peut donc que les médecins contaminent leurs patients sans en être conscients."

L'Absym dénonce également l'affirmation de Sciensano selon laquelle "la contagion peut être évitée en portant un masque chirurgical et en se lavant soigneusement les mains" et indique que la pénurie de matériel de protection ne devrait pas empêcher les avis scientifiques pour la protection des professionnels d'être corrects.

De plus, l'avis de Sciensano selon lequel le professionnel de la santé présentant des symptômes "légers" peut continuer à travailler, va directement à l'encontre des directives de l'OMS d'après l'Absym. L'association affirme que "si les médecins malades testés positifs ou symptomatiques et suspectés de COVID-19, continuent à travailler, ils représentent un danger pour les autres, à savoir les collègues, les collaborateurs logistiques et les patients testés négatifs au SARS-CoV-2."

L'Absym demande également aux autorités belges de suivre l'appel international de l'OMS et d'effectuer des tests de dépistage à grande échelle. "Jusqu'à présent, la Belgique a recommandé des tests dans une très faible mesure, principalement parce que la capacité des tests est trop limitée."

Finalement, l'Association belge des syndicats médicaux regrette le report systématique des soins par les médecins généralistes et spécialistes, au sein de l'hôpital ou en dehors. Elle affirme que les patients ont pris peur à l'idée de se faire soigner et qu'en conséquence, ils risquent de se trouver dans un état pathologique avancé et d'avoir besoin de soins plus intensifs. Elle annonce d'ailleurs qu'à terme, ceci pourrait provoquer "une crise de pathologies autres que le Covid-19".