Des documents liés à la demande d'autorisation du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer et BioNTech ont été piratés lors d'une cyberattaque contre l'Agence européenne du médicament (AEM), a annoncé Pfizer mercredi.

"Il est important de noter que ni le système de BioNTech ni celui de Pfizer n'ont été violés en lien avec cet incident et nous n'avons pas connaissance de données personnelles qui auraient été piratées", a-t-il dit dans un communiqué.

"Nous sommes dans l'attente de davantage d'informations sur l'enquête de l'AEM et nous réagirons de la manière appropriée, en accord avec le droit européen", a-t-il poursuivi.

"Etant donné les considérations cruciales de santé publique et l'importance de la transparence, nous continuons à fournir des éléments clairs sur tous les aspects du développement du vaccin et du processus de régulation."

Une attaque russe ?

L'Agence européenne des médicaments, qui délibère actuellement sur la délivrance d'autorisations à plusieurs vaccins contre le Covid-19, s'est dite mercredi la cible d'une cyberattaque, sans préciser quand l'attaque a exactement eu lieu ni par qui elle a été menée.

L'AEM, qui contrôle les médicaments de l'ensemble des 27 Etats membres de l'UE, doit rendre le 29 décembre au plus tard sa décision sur une autorisation conditionnelle du vaccin Pfizer/BioNTech, déjà approuvé au Royaume-Uni, à Bahreïn et au Canada.


La cyberattaque à l'encontre de l'AEM a eu lieu après une série d'avertissements ces derniers mois autour de piratages et tentatives de hacking en lien avec la pandémie de Covid-19, visant laboratoires et entreprises pharmaceutiques occidentales.Londres a accusé des hackers basés en Russie et liés au Kremlin d'avoir ciblé en juillet des laboratoires menant des recherches pour des vaccins contre le covid-19.

Des cybercriminels ont essayé de s'en prendre à plusieurs entreprises pharmaceutiques développant des vaccins comme Johnson & Johnson, Novavax, AstraZeneca et des laboratoires sud-coréens, selon le Wall Street Journal. Des laboratoires espagnols ont également indiqué avoir subi des attaques de cybercriminels chinois, avait rapporté en septembre le quotidien El Pais.

Par ailleurs, IBM a révélé la semaine dernière qu'une série de cyberattaques avait ciblé la chaîne logistique des vaccins contre le coronavirus.

La direction générale de la fiscalité et des douanes, un service de la Commission européenne, a été l'une des cibles de ces attaques. Des entreprises du secteur de l'énergie et de l'informatique basées en Allemagne, en Italie, en République Tchèque, en Corée du Sud et à Taïwan ont aussi été visées, d'après IBM.