L'Allemagne, quant à elle, suspend l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca "à titre préventif" après le signalement d'effets secondaires, a annoncé lundi le ministère de la Santé.

L'institut médical Paul-Ehrlich, qui conseille le gouvernement, "estime que d'autres examens (sont) nécessaires", après des cas de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées en Europe, a précisé un porte-parole du ministère. Plusieurs pays ont déjà pris une telle mesure.

Cette décision de suspension intervient "après de nouvelles informations concernant des thromboses de veines cérébrales en lien avec la vaccination en Allemagne et en Europe", selon la même source.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) "décidera si et comment les nouvelles connaissances (sur ces effets secondaires) se répercutent sur l'autorisation du vaccin", a ajouté ce porte-parole.

Le ministre de la Santé, Jens Spahn, a prévu de s'exprimer dans l'après-midi.

Mais rien n'indique un lien de cause à effet et l'emballement des autorités de santé divise les professionnels.

Le vaccin AstraZeneca est l'un des trois vaccins utilisés en Allemagne tandis qu'un quatrième, celui de Johnson & Johnson, a déjà reçu le feu vert des autorités européennes et sera distribué entre la mi et la fin avril, selon le ministère de la Santé.

Depuis une semaine, plusieurs pays ont suspendu la vaccination avec AstraZeneca après de graves problèmes sanguins chez des vaccinés.

La France suit

La France, à son tour, a décidé lundi de "suspendre par précaution" l'utilisation du vaccin AstraZeneca, en attendant un avis de l'autorité européenne du médicament qui sera rendu mardi après-midi, a annoncé Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Montauban.

Le chef de l'Etat a dit "espérer reprendre vite" la vaccination avec ce sérum "si l'avis de l'autorité européenne le permet", alors que plusieurs pays européens ont eux aussi suspendu ce vaccin, dont l'Allemagne et l'Italie lundi.

"L'Autorité européenne, l'EMA, rendra demain après-midi un avis sur le recours à ce vaccin (...) la décision qui a été prise en conformité aussi avec notre politique européenne est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca en espérant la reprendre vite si l'avis de l'EMA le permet", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, à l'issue d'un sommet franco-espagnol.

Suspension en Italie, en Espagne et au Luxembourg

L'Italie a suspendu lundi à titre de précaution l'administration du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 sur l'ensemble de son territoire, emboîtant ainsi le pas à plusieurs autres pays européens après le signalement d'effets secondaires.

L'agence du médicament italienne, AIFA, "a décidé à titre de précaution et de manière provisoire, dans l'attente d'une décision de l'EMA", l'Agence européenne des médicaments, d'"interdire l'utilisation du vaccin AstraZeneca sur tout le territoire national", explique l'AIFA dans un communiqué.

"Cette décision a été prise en ligne avec des mesures similaires adoptées par d'autres pays européens", précise-t-elle.

Selon les médias espagnols, l'Espagne va également cesser d'administrer le vaccin pendant "au moins deux semaines".

Les vaccinations avec le vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca seront suspendues au Luxembourg jusqu'à ce que l'évaluation du comité de sécurité de l'Agence européenne du médicament (EMA) soit terminée, indique lundi un communiqué du gouvernement luxembourgeois. La décision d'aujourd'hui concerne à la fois les vaccinations initiales et celles de suivi. Il s'agit d'une mesure de précaution, dans l'attente du résultat des analyses de l'EMA, portant sur un certain nombre de problèmes sanguins survenus chez des personnes vaccinées avec le vaccin AstraZeneca, poursuit le communiqué.

La Slovénie et le Portugal aussi

La Slovénie a suspendu à son tour lundi "par précaution" les vaccinations anti-Covid avec AstraZeneca, s'ajoutant à la longue liste de pays ayant pris cette mesure en raison de craintes liées à des caillots sanguins.

"J'ai pris cette décision d'interrompre temporairement" l'utilisation du vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et l'université d'Oxford "afin d'assurer le plus haut niveau de sécurité possible à nos concitoyens", a déclaré le ministre de la Santé Janez Poklukar lors d'une conférence de presse.

"Il n'existe pas d'expertises médicales justifiant cet arrêt" mais il s'agit d'une mesure préventive en attendant un avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA), a-t-il précisé.

Même chose au Portugal, après le signalement d'effets secondaires "graves mais rares", selon la directrice générale de la Santé, Graça Freitas. Comme dans les autres pays européens, la décision a été prise "par précaution", en attendant des consignes de l'Agence européenne des médicaments (EMA), a-t-elle précisé. Le régulateur européen tiendra jeudi une réunion spéciale afin de décider si des mesures sont "nécessaires" au sujet du vaccin, après que plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, ont suspendu son utilisation par précaution en raison de craintes liées à des caillots sanguins, sans lien avéré à ce stade.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé a estimé lundi que les pays devraient continuer à vacciner avec le sérum anti-Covid-19 d'AstraZeneca et va réunir mardi son groupe d'experts pour étudier la sécurité du vaccin.

Le Portugal a déjà administré quelque 400.000 doses de ce vaccin, et en possède 200.000 en stock, a précisé lors d'une conférence de presse le responsable du programme de vaccination, Henrique Gouveia Melo.

Et en Belgique ?

En Belgique, cette suspension n'est pas vraiment à l'ordre du jour. Le Conseil supérieur de la Santé a établit dans son rapport que "les avantages l'emportent sur l'inconvénient"