Un tel répertoire permettrait de faire en sorte que les mutualités ne doivent pas communiquer des données médicales confidentielles pour identifier les personnes diabétiques dans le cadre du programme de vaccination anti-Covid. Un registre du diabète rendrait possible la collecte, sur base volontaire, de tous les indicateurs nécessaires pour piloter une politique de santé efficace contre la maladie, tout en garantissant le respect du secret médical et les exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD), explique l'Association du diabète.

Selon elle, la récolte de données médicales via les mutualités risque d'être à la fois illégale et trop peu fiable. Ces dernières devraient transmettre des données médicales sensibles, à l'insu et sans l'accord explicite de ses membres. De plus, les informations transmises (comme la prescription de certains médicaments) ne permettraient en aucun cas de pouvoir réaliser un diagnostic correct de l'état de santé et des comorbidités de la personne concernée, argumente l'AD.

Et d'ajouter que les registres du diabète existent dans de nombreux pays occidentaux et ont prouvé leur grande utilité scientifique, en apportant des bénéfices immenses pour la communauté. "Il est de plus tout à fait possible d'extraire des données de ces registres pour guider une politique de vaccination tout en respectant les règles les plus strictes de protection des données et de confidentialité dans la plus grande transparence possible", souligne l'association.

"La crise du Covid aura au moins eu ce mérite de remettre en lumière l'urgence de créer un registre du diabète qui devrait constituer la première étape d'un plan national plus large de lutte contre les maladies chroniques", conclut-elle.

Plus de 422 millions de personnes dans le monde sont touchées par le diabète, une maladie qui a récemment fait son apparition dans le top 10 mondial des causes de mortalité selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant, d'après l'Association du diabète, la Belgique manque de données fiables pour estimer correctement l'incidence du diabète sur sa population, mais également son coût en vies humaines et en qualité de vie, ainsi que les dépenses de santé globales liées à la maladie et ses complications.