Stupéfiantes. C'est le qualificatif qu'il convient de donner aux images des satellites de surveillance de la pollution de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui ont détecté des baisses significatives de dioxyde d’azote (NO2) au-dessus de la Chine.

 Entre les cartes du 1er au 20 janvier 2020 (soit avant la quarantaine) et celles du 10 au 25 février (pendant la quarantaine), on peut en effet voir une diminution impressionnante des concentrations de dioxyde d’azote, ce gaz nocif émis par les véhicules à moteur, les centrales électriques et les installations industrielles. 

La Nasa s'est notamment penchée sur la qualité de l'air dans la ville de Wuhan, berceau de l'épidémie, en la comparant avec les mêmes périodes l'an dernier. Ainsi, du 10 au 25 février 2020, la Nasa a-t-elle relevé des valeurs inférieures à 125 µmol/m2, alors qu'elles dépassaient 500 µmol/m2 un an auparavant.

© NASA

De Wuhan à tout le pays

D'abord apparente à Wuhan, la réduction de la pollution par le NO2 s’est ensuite étendue à tout le pays.

Si, traditionnellement, le Nouvel An chinois participe à la diminution de la pollution de l'air, avec la fermeture des entreprises et des usines à cette période, l'annulation, suite à l'épidémie, des festivités et la mise en quarantaine de millions de personnes n'ont fait que renforcer le phénomène enclenché et renforcé plus encore ensuite par le ralentissement économique qui a suivi l’apparition du coronavirus.

"C’est la première fois que je vois une chute aussi spectaculaire sur une zone aussi étendue pour un événement spécifique", a déclaré Fei Liu, chercheur sur la qualité de l’air au Goddard Space Flight Center de la NASA, qui se souvient avoir vu une baisse du NO2 dans plusieurs pays pendant la récession économique qui a commencé en 2008, mais cette baisse a été progressive. Cette année, le taux de réduction est plus important que les années précédentes et il a duré plus longtemps. Je ne suis pas surprise car de nombreuses villes du pays ont pris des mesures pour minimiser la propagation du virus".

© NASA