Le Covid-19 est désormais une pandémie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Son directeur général Tedros Adhananom Ghebreyesus a annoncé mercredi à Genève ce nouveau statut plus d'un mois après la déclaration d'urgence de santé de portée internationale.

Cette situation "ne change pas" la réponse que l'organisation apporte, a-t-il déclaré devant la presse, déplorant "une telle attention sur un mot" depuis des semaines. Certains pays utilisaient déjà cette appellation et M. Tedros avait affirmé ces derniers jours que la menace devenait importante.

Ce coronavirus est le premier à être considéré comme une pandémie, alors que près de 120.000 cas ont été observés au total dans plus de 110 pays. Plus de 4.300 personnes en sont par ailleurs décédées.

Pour être considérée comme une pandémie, une épidémie doit notamment être largement répandue dans le monde, provoquer une large mortalité et la propagation au sein des différentes populations doit être étendue.

Avant de prendre cette décision, le directeur général a mené d'intenses consultations auprès de spécialistes et des directeurs régionaux de l'organisation. "Nous comprenons l'impact" du recours à ce terme, a fait remarquer le chef du programme d'urgence au sein de l'organisation Michael Ryan. Cette étape doit constituer "un appel à l'action et non à abandonner" la lutte.

M. Tedros a ajouté qu'il faut toujours tenter de contrôler l'épidémie. Il a détaillé la séquence que les autorités sanitaires devraient suivre avec chaque cas. Il faut les trouver, les identifier, les isoler, les soigner et également chercher les contacts de cette personne. "Chaque branche et chaque citoyen doivent être actifs", a affirmé le directeur général. Celui-ci s'est dit alarmé par l'augmentation du nombre de cas et du nombre de pays affectés. Mais aussi par celui de l'"inaction".

Depuis deux semaines, le nombre de cas en dehors de la Chine a été multiplié par treize et celui de pays affectés par trois. L'OMS s'attend à que ces chiffres augmentent encore dans les prochaines semaines. Pour autant, l'organisation ne recommande pas la fermeture d'écoles ou d'autres infrastructures dans tous les pays, ni des isolements larges systématiques de toute une population. Il vaut mieux tenter d'identifier les personnes affectées que de prendre des décisions également coûteuses, insiste M. Ryan.

Chaque pays doit évaluer ses propres besoins en fonction de l'étendue du nombre de cas et de l'acceptation sociale de mesures de confinement généralisées. Mais si la propagation n'est plus contrôlée, celles-ci sont peut-être "les plus efficaces", a relevé M. Ryan. Le gouvernement italien a décrété lundi cette situation pour ses citoyens pour au moins trois semaines, alors que la péninsule observe plus de 10.000 cas de contamination.

L'OMS s'inquiète encore de la situation et de la fatigue du personnel de santé avec l'augmentation du nombre de cas. Il faut lutter contre la pénurie de matériel de protection pour ces collaborateurs, a plaidé l'organisation. La Chine a récemment accepté d'approvisionner l'Italie et l'Iran, deux Etats particulièrement touchés par le nouveau virus.