"Nous devrions écouter ce que les gens demandent, ce que les gens disent. Nous devrions engager un dialogue honnête", a déclaré aux médias Tedros Adhanom Ghebreyesus, interrogé sur les manifestations anti-masques qui se sont produites la semaine dernière en Allemagne et ailleurs.

"Mais en même temps, je voudrais dire à ceux qui ont manifesté la semaine dernière que le virus est réel. Il est dangereux. Il circule rapidement et il tue, et nous devons tout faire pour nous protéger et protéger les autres", a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse depuis le siège de l'OMS à Genève.

Alors que la perspective d'une seconde vague de pandémie alimente les craintes de nouveaux confinements en Europe et ailleurs, la colère grandit parmi les partisans d'un relâchement des mesures de restrictions contre le nouveau coronavirus.

En Allemagne, la tentative de prise d'assaut du Parlement national lors d'une manifestation anti-masques ce week-end a marqué une nouvelle étape dans la radicalisation du mouvement.

Michael Ryan, directeur des urgences sanitaires à l'OMS, a rappelé que les épidémies et les situations d'urgence ont depuis toujours créé "des émotions fortes", rendant très difficile l'acceptation des mesures par la population.

"Il est vraiment important que les gouvernements ne réagissent pas de manière excessive aux protestations des gens contre les mesures", a-t-il affirmé, appelant lui aussi au dialogue.

Le patron de l'OMS a pour sa part adressé un message clair à ceux qui estiment que ce n'est pas si grave si le virus tue surtout des personnes âgées: "Chaque vie, qu'il s'agisse d'une personne jeune ou âgée, est précieuse. Et nous devons tout faire pour la sauver".

"Accepter que quelqu'un meurt en raison de son âge est une faillite morale", a-t-il dit à plusieurs reprises.

Il a également appelé les personnes protestant contre les restrictions à manifester dans le respect des mesures d'hygiène et de distanciation physique. "Même pendant les manifestations, et partout où il y a des foules (...), nous devons garder nos distances, nous devons porter des masques".

Plus généralement, il a appelé les gouvernements à "tout faire pour empêcher" la survenue d'événements qui risquent d'amplifier l'épidémie, afin que "les autres secteurs économiques puissent réellement s'ouvrir et que l'économie puisse reprendre".

Ainsi, a-t-il cité en exemple, dans les régions où la menace liée au Covid est élevée, les matches devraient avoir lieu sans public. "Je pense que nous pouvons vivre sans aller au stade", a-t-il dit.