Sur le front du Covid-19, les bonnes nouvelles venues de certains pays ne doivent pas faire illusion: au niveau mondial, la pandémie ne recule pas mais "continue de s'accélérer", a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Alors que dans plusieurs pays, dont la France, l'heure est à un optimisme prudent et au déconfinement, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a profité d'une conférence virtuelle organisée par l'émirat de Dubaï pour lancer une nouvelle mise en garde. "Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé. Le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours", a-t-il dit. Cela démontre que la pandémie "continue de s'accélérer". "Nous savons qu'elle est bien plus qu'une crise sanitaire, c'est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies", a-t-il ajouté.

M. Ghebreyesus a appelé les laboratoires pharmaceutiques à augmenter la production de dexaméthasone et à "distribuer rapidement dans le monde entier" ce stéroïde qui s'est révélé efficace pour traiter les malades les plus gravement atteints par le Covid-19.

L'Amérique latine vient d'entrer dans l'hiver, dont il semble que les basses températures soient propices à la propagation du virus. C'est là que se situe désormais l'épicentre de la maladie. Dans d'autres pays, comme en Azerbaïdjan, la multiplication de nouveaux cas, à la suite d'un déconfinement trop précoce, a conduit à un reconfinement. Au Portugal, les autorités ont resserré les mesures de confinement récemment assouplies autour de Lisbonne, afin de maîtriser de nouveaux foyers de contagion. En Australie, face à six foyers de contamination à Melbourne, des responsables ont exhorté leurs compatriotes à éviter de se rendre dans la grande ville du Sud.

En revanche plusieurs pays d'Europe, submergés au printemps par la maladie, continuent d'alléger les mesures de précaution à la faveur d'un répit de l'épidémie.

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