Les voyageurs qui arrivent en Belgique en provenance de Catalogne doivent remplir un formulaire. La Catalogne a reconfiné près de 200.000 habitants après un regain de contaminations ce samedi.

Dans la province de Lérida, en Catalogne, plus de 200 000 habitants doivent retourner en isolement. La ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD), a appelé hier les Belges de retour de cette région à se faire dépister et à rester chez eux. Pourquoi ne pas l'obliger ? "Il n'y a pas de base juridique pour cela", a répondu la ministre qui a souligné la "responsabilité commune".

Toutefois, chaque personne qui revient en avion de Catalogne doit désormais remplir un document. Elle doit préciser le lieu de son séjour et laisser ses coordonnées.

Trois personnes qui revenaient de la région en question sont déjà arrivées en Belgique. Il leur a été demandé de s'isoler. "Vous savez déjà qu'il y aura des situations similaires tout l'été", a déclaré le virologue Marc Van Ranst à la VRT NWS. "Cette fois-ci, c'est une région non touristique, mais que faire si cela arrive avec une ville ou un lieu de vacance plus populaire ?"

Encore une fois, Marc Van Ranst répète que, selon lui, ce n'est pas le moment d'envisager des vacances à l'étranger. "Je peux comprendre que des gens partent à l'étranger pour leur partenaire ou leurs enfants, par exemple. Mais je ne pensais vraiment pas que les voyages touristiques étaient encore à l'agenda. Je pensais que beaucoup de gens étaient prêts à passer des vacances dans leur propre pays".

Pourtant, depuis la réouverture des frontières européennes le 15 juin, les voyages sont à nouveau autorisés. Mais la Belgique est-elle prête à gérer le retour des voyageurs et de possibles nouvelles infections? Pour le virologue, "ce sera impossible d'imposer un test ou une quarantaine à tous les voyageurs. Le gouvernement ne sait pas tous les localiser. Les personnes qui reviennent en voiture, par exemple, vous ne le savez pas. Les gens qui reviennent en avion peuvent parfaitement dire qu'ils reviennent d'ailleurs. Cela rend impossible la mise en place d'une politique."

"La seule chose que vous pouvez faire, continue Marc Van Ranst, est de demander aux gens de se mettre à l'écart. Il y aura des gens qui suivront de près cette recommandation et d'autres qui ne la suivront pas".

Son message reste donc le même: "faites attention avec les voyages et ne les faites pas si vous n'en avez pas besoin. N'oubliez pas que 94 % de la population n'a pas d'anticorps. Ces personnes sont donc dans la même situation qu'en février (juste avant l'épidémie). C'est ce qui m'inquiète".