Toute la Belgique attend avec appréhension le comité de concertation de ce vendredi . Le mot "reconfinement" est sur toutes les lèvres, en particulier sur celles des experts. Le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven) ne voit pas comment on pourrait y échapper, alors que toutes les courbes de l'épidémie virent au rouge foncé en Belgique .

"Sans changement dans notre comportement, les chiffres doubleront encore dans une semaine. Ce n'est tout simplement plus possible. C'est donc plus que logique que des nouvelles mesures plus strictes entrent en vigueur", analyse-t-il auprès de nos confrères de HLN.

Selon le chercheur, plusieurs facteurs peuvent expliquer le fait que l’épidémie ne semble pas ralentir, malgré l'entrée en vigueur des premières mesures il y a plus de 10 jours. "Le premier facteur est l'automne. Il fait froid et nous vivons à l'intérieur. C'est une grande différence par rapport à la situation lors de la première vague du printemps. Il est tout simplement plus difficile de combattre l'épidémie aujourd'hui." Il y a aussi, selon Molenbergshs, le rôle des "supercontaminateurs" et des asymptomatiques. "Si beaucoup de personnes sont infectées, il y a de nombreux supercontaminateurs. Les chances d'entrer en contact avec ces personnes sont donc grandes", dit-il à HLN.

Le virus est désormais beaucoup trop présent dans notre société pour éviter un reconfinement. "Nous avons déjà affronté un confinement et nous sommes obligés d'y revenir maintenant. Mais les circonstances sont aujourd'hui pires qu'à l'époque. La circulation du virus dans la société est tellement importante que celui qui se réunit en groupe est quasiment sûr d'entrer en contact avec une personne contaminée. Une personne qui ne sait probablement pas elle-même qu'elle est contaminée... Et s'il s'agit d'un supercontaminateur, tout le monde sera infecté", termine celui qui demande à tout le monde de ne pas partir pendant les vacances de la Toussaint. "Restez chez vous".