Actuellement à Turin, Jean-Claude Gala témoigne d’une plus grande rigueur en Italie.

Au vu des derniers rassemblements, faut-il lâcher du lest et revoir la règle de la bulle de dix personnes en Belgique ? "À l’époque, la bulle de 10 personnes avait ses raisons d’être, affirme le docteur Gala. Aujourd’hui, avec les chiffres encourageants, on pourrait passer à 15 personnes et lâcher un peu de lest, mais il faut alors garder un respect toujours très strict des gestes barrières."

À Turin, où le chef des Cliniques universitaires de Saint-Luc démarre une mission humanitaire et technologique afin d’établir une cartographie des personnes qui ont développé les anticorps face au coronavirus, le masque est obligatoire dans les magasins, les musées, à l’entrée des bars et restaurants. "De plus, la grande majorité des gens le porte en rue. Ils ont été marqués par l’épidémie. Les gens sont très respectueux des consignes. On le voit même dans les grandes artères commerçantes de la ville. Les gens portent le masque et respectent au maximum les distances de sécurité. Il est important d’insister là-dessus."

D’importantes différences, donc, entre Belges et Italiens. "On constate un certain relâchement en Belgique. Se rassembler en masse sans masque est potentiellement extrêmement dangereux dans le contexte actuel. Nous ne sommes pas encore à l’abri, la transmission du virus continue de s’exercer."

À Turin, une surveillance très étroite est effectuée par les autorités. "C’est quelque chose qui manque chez nous. Il y a trop peu de surveillance, on laisse faire les gens. La crainte d’être contrôlé a disparu."

Et même s’il n’y a pas de seconde vague constatée actuellement, le chef des Cliniques universitaires de Saint-Luc se montre très prudent pour la suite. "On ne s’en souvient pas forcément, mais il y a eu une seconde vague encore plus forte que la première à Hong-Kong lors de l’épidémie de grippe à la fin des années soixante. Ici, pour le Covid-19, il faut se montrer extrêmement méfiant, cette notion de seconde vague ou de rebond n’est pas un fantasme de chercheur."